La quarantaine : crise ou cerise (sur le gâteau) ?

La quarantaine : crise ou cerise (sur le gâteau) ?

Crédit photo : geralt (Pixabay)

Ça y est, j’ai 40 ans et je viens te dire ce que ça me fait.

Je ne me rappelle pas mon premier passage de dizaine. La vingtaine m’aura donnée l’impression d’entrer dans la vie d’adulte. La trentaine a validé un sentiment d’accomplissement et la quarantaine sonne comme la fin d’un cycle et l’entrée dans le suivant. 

Une crise ?

Chez certaines et certains, elle s’exprime violemment. Séparation, changement de domaine professionnel… ce sont des schémas assez courants aux alentours de la quarantaine pour différentes raisons.  

En ce qui me concerne, je suis toujours en couple avec le papa de mes enfants et je suis toujours dans le même domaine professionnel. 

En revanche, le premier symptôme du changement est la prise de conscience que je vieillis, avec les renoncements qui vont avec. Le corps qui s’use un peu, les yeux qui n’accommodent plus suffisamment et obligent à porter des lunettes, les kilos qui ont pris un bail longue durée, les articulations qui grincent et autres joyeusetés. Sans oublier les cheveux blancs, le visage qui se transforme lentement et les poils au menton (si si) ! D’ailleurs, j’ai l’impression que l’érosion de la capacité d’accommodation touche également mon comportement. Plus le temps passe, moins je suis capable de faire semblant et de m’adapter aux autres. 

Et en même temps, je réalise qu’arriver à cet âge en bonne santé n’est pas un acquis mais une chance ! Ça me donne le sentiment que maintenant, je dois prendre soin de moi, pour préserver cette bonne santé et préparer au mieux les 30/40/50 années à venir. 

Ça s’annonce sérieusement : routine de soins pour ma peau, de la tête aux pieds, en lieu et place d’une simple crème de jour appliquée en 5 secondes chrono, routine sportive au réveil, marcher et faire du vélo autant que possible, manger mieux… Mais si je suis honnête, je n’arrive pas à être régulière dans ces nouvelles résolutions. A croire qu’il y a un décalage entre mes certitudes et ma volonté, que le déclic est lent à s’installer… ou que je ne me suis pas métamorphosée en changeant de dizaine. 

Il y a quand même des domaines où j’avance : j’ai supprimé mon compte Instagram, pour mieux utiliser les heures perdues à regarder des vidéos plus ou moins utiles. J’ai aussi réduit fortement ma consommation d’alcool, sans difficulté. Et ça me rend un peu fière.

En parallèle de ces réflexions liées à mon corps, la quarantaine s’est exprimée par le besoin de retrouver un certain pouvoir de séduction. C’est paradoxal car tout en faisant le deuil de ma conformité aux canons de beauté, j’ai envie de sentir que je peux plaire encore. A ce qu’il paraît, la femme de 40 ans est belle car elle se libère de ses carcans et rayonne. Tu sais : 40 is the new 30, 40 ans le plus bel âge de la femme, une femme de 40 ans en vaut deux de 20, tout ça tout ça. Et j’adore cette façon de voir les choses. Parce que voir quelqu’un qui se sent bien dans sa peau, c’est plaisant non ?

Ai-je loupé le coche ?

J’ai plein d’envies :

  • sur le plan professionnel dans lequel j’ai envie de me lancer de nombreux défis : poste à responsabilité, activités d’enseignement, voire de recherche en me lançant dans un doctorat,
  • en termes de développement de ma culture générale : je souhaite lire de nombreux ouvrages pour remettre à jour mes connaissances et en acquérir dans de nouveaux domaines, dont en vrac la santé, la sociologie, l’IA, l’éloquence, le management…

Pour autant, une petite pensée parasite me gêne : et si c’était trop tard ? Accompagnée de sa copine : pour quoi faire ? Hé bien, je ne sais pas.

Il est sûr qu’il y a certaines choses que je ne ferais plus, parce que les opportunités sont derrière moi : être cavalière de haut niveau, avoir 3 enfants, faire médecine, courir un marathon, être une hackeuse ou découvrir un médicament innovant. Mais je peux encore m’engager en politique, devenir professeure, monter ma boîte, faire un élevage de chevaux ou me lancer dans la permaculture ou dans la couture. En écrivant cela, je réponds en partie à ma question : il y a encore du temps pour réaliser des projets. Ce qui me manquera peut-être, c’est l’énergie.

Comme dit plus haut, je vieillis et je fatigue. Des années de tension, entre les enfants en bas âge, le travail, le couple, les amis, la famille, les loisirs, le soin de soi, les injections… ont laissé des traces. Je me sens moins endurante, moins capable de me lancer dans de gros challenges intellectuels. Mais les enfants vont grandir, puis partir de la maison, ce qui créera peut-être de nouvelles opportunités.

Finalement, c’est ça qui est beau dans cette quarantaine : faire ses adieux à des choses qui ne seront plus et comprendre qu’elles laissent la place à de nouvelles perspectives.

En attendant, je me suis écoutée en me faisant un magnifique cadeau d’anniversaire : un week-end avec mes meilleures amies, pour profiter d’elles et prendre soin de nous. Parce que 40 ans, c’est pas tous les jours 🙂

Crédit photo : Peggychoucair (Pixabay)

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