On a déménagé en Allemagne
Il y a 18 mois, on m’a proposé un poste en Allemagne. Au début j’ai rigolé croyant à une blague, puis ri jaune en comprenant que ce n’était pas une blague, et j’ai refusé. Au début puisque ça fait un peu plus de 6 mois qu’on est installé.
Cette proposition était complètement inattendue, cela faisait moins d’un an qu’on avait déménagé et nous avions le projet de nous implanter durablement dans cette nouvelle ville. Sauf qu’un poste à l’étranger faisait partie de nos rêves un peu inaccessibles. Nous avions tous les deux le regret de ne pas avoir fait d’année à l’étranger pendant nos études, et nous espérions que le travail de l’un ou l’autre nous permette de vivre cette expérience. Et ce que relate LaVieSansChaussettes dans cet article, ça me fait rêver.
Il est vrai qu’on pensait plutôt à un pays anglophone, mais l’Allemagne pourquoi pas ? A la fois très proche de la France et malgré tout dépaysant, logique car nous avions tous les deux fait de l’allemand à l’école, et un pays connu pour sa qualité de vie.
Nous avons donc accepté cette proposition, en la voyant comme une chance sur le plan familial. Découvrir la vie d’expatrié pour nous les adultes, donner l’occasion de découvrir une autre culture et apprendre une autre langue pour les enfants, passer plus de temps ensemble à 4 en nous éloignant de nos proches et nos amis. Nos enfants avaient 8 et 6 ans lors du déménagement.

Quels choix ?
- L’école des enfants : nous avions le choix entre une école locale et une école internationale avec enseignement majoritairement en anglais. Le coût de cette dernière était vraiment trop important par rapport à nos moyens, c’est pourquoi nous avons choisi de les mettre à l’école allemande. La question de l’utilité de leur faire apprendre l’allemand plutôt que l’anglais s’est posée. Je trouvais un peu bizarre de ne pas leur faire travailler la langue locale, par souci d’intégration. On s’est dit aussi que, la technologie évoluant très vite, il était fort probable que dans quelques années, il serait possible de parler à un interlocuteur étranger sans maitriser sa langue, et que donc le choix de la langue comptait peu par rapport à ce que ça allait apporter à nos enfants à court terme. Nous avons aussi choisi de leur faire suivre le complément international du CNED, malgré la charge que ça représente. Je t’en reparlerai dans un prochain article.
- Le travail de mon mari : point le plus compliqué. Le fait de venir avec moi l’a obligé à quitter son poste. Travailler en Allemagne sur un poste local n’est pas simple, en raison de la langue, de la réglementation et des démarches administratives (couverture santé, impôts…). Il est pour l’instant à la maison, ce qui est une chance pour accompagner les enfants dans cette nouvelle vie et qui me décharge énormément pour me consacrer à mon travail. Il en profite pour progresser en allemand, il se rend disponible pour participer aux activités organisées par l’école ou les activités des enfants et prospecte pour trouver des missions de courte durée en France ou en travail à distance.
- L’emplacement de notre résidence était important pour nous. Par expérience, nous savions que le fait de nous sentir bien dans notre quartier serait déterminant pour la qualité de notre séjour. Nous avons pris conseil concernant les quartiers agréables à vivre et nous sommes venus en visite en famille durant un week-end pour nous faire une idée des endroits dans lesquels on se sentait bien et qui nous semblaient pratiques au quotidien, et ceux qui nous plaisaient moins voire qu’on ne sentait pas du tout. La recherche sur les sites immobiliers a été bien plus simple ensuite. C’est ainsi que j’ai identifié que l’une des annonces correspondait en tous points à nos critères de localisation et que nous avons fait tout notre possible pour avoir cet appartement, ce qui n’était pas gagné car marché tendu, locataires étrangers… Coup de bol, on y habite !
Comment ça se passe ?
Comme tout déménagement, celui-ci a été une sacrée source de stress, et je pense que le retour en France ne sera pas mieux.
Trouver un logement dans une zone tendue donc : ça n’a pas été simple car les agences et les propriétaires allemands ont un mode de fonctionnement qui diffère légèrement de leurs homologues français, et nous avons essuyé quelques déceptions avant d’être pris au sérieux. Essayer de défricher les nombreuses démarches administratives à mener du côté de mon employeur et du côté allemand, changer tous nos contrats, trouver des contrats locaux pour l’électricité, Internet… Je dois reconnaître que nous vivons à une époque qui facilite le processus, entre les outils de traduction, les forfaits téléphoniques valables à l’étranger sans surcoût ou encore les banques en ligne qui te permettent d’obtenir un RIB allemand sans pour autant devoir ouvrir un compte ici. Mais bon, ça ne résout pas la peur de commettre une erreur dans nos démarches qui pourrait nous être préjudiciable par la suite.
Et une fois sur place, il a fallu comprendre comment se faire prendre en charge sur le plan santé, comment s’inscrire à des activités, trouver des bons plans… ça s’est fait petit à petit et continue encore de se faire.
On a foncé directement vers l’association de Français qui existe dans notre ville. Ils ont été très aidants. Cependant la majorité des Français qui habitent dans notre ville sont installés depuis très longtemps et n’ont pas les mêmes problématiques que nous qui sommes là seulement pour un séjour.
Malgré toute cette incertitude, on s’est senti bien dès les premiers jours, comme un effet lune de miel. Notre ville est de taille moyenne, elle dispose de grands commerces et d’un centre-ville charmant, tout en étant parcourue par des cours d’eaux et des espaces verts. Notre quartier est particulièrement chouette, il y a des commerces de proximité accessibles à pied et la forêt juste à côté. L’école est aussi à deux pas de la maison, les enfants y vont seuls sans souci. On circule beaucoup à vélo et on essaie de profiter au maximum de l’extérieur.
Côté adaptation culturelle, le sujet numéro 1 que je redoutais, aka la bouffe dégueu, s’est avéré un faux problème. Oui, ce n’est pas un pays hautement gastronomique mais on trouve quasiment tous nos ingrédients habituels dans les supermarchés, il y a de bons restaurants locaux avec quelques plats typiques qu’on apprécie, la bière est délicieuse, les enfants mangent des bretzels à chaque occasion. On découvre aussi que les Allemands aiment célébrer la moindre occasion : première journée à l’école, fête de l’automne, du printemps, St Martin, St Nicolas, marchés de Noël… Ça crée de nombreuses occasions de découvrir de nouvelles traditions. Alors que l’Allemagne ne m’avait JAMAIS attirée comme destination touristique, on se balade beaucoup dans notre région et on découvre de très beaux endroits.

Après plus de 6 mois, le bilan est très bon : on se plaît ici, les enfants trouvent leurs marques et mon mari son rythme, de mon côté je m’éclate au travail, qui me permet aussi de découvrir le travail en environnement multinational. Le plus positif pour moi est que ça resserre nos liens familiaux. On passe plus de temps avec nos enfants que d’habitude, notamment parce que nos week-ends sont moins chargés du fait de l’éloignement de notre cercle familial et amical. Je dois reconnaître avoir parfois le mal du pays, quand je me heurte au système allemand ou quand j’en ai marre de ne pas comprendre ce qui se dit dans la rue au quotidien. Je reste aussi prudente car notre bien-être repose sur un équilibre à préserver.
Je reviens prochainement te raconter comment se passe l’école et si tu as des questions dans d’autres domaines, n’hésite pas ! Tschüss !

Fais attention quand même, je me suis expatriée pour 6 mois, il y a 15 ans et j’y suis encore ! 😀
Je vous trouve très courageux d’avoir osé cette aventure alors que vous aviez une vie bien établie et 2 enfants. Ca me parait tellement plus simple à 20 ans qu’à 30 ans.
Je pense que mettre vos enfants dans une école locale est une idée géniale pour effectivement les et vous intégrer dans le pays qui vous héberge. (Je sais que ce n’est pas toujours possible.)
Je suis un peu surprise que ton employeur ne t’aies pas plus aidé pour les formalités, le choix du logement… Aurais tu par hasard un contrat local et non un contrat d’expat ? (Ils se font très rare de nos jours.)
Je vous souhaite une superbe expérience en Allemagne en famille !
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L’Allemagne attire beaucoup de familles françaises pour sa qualité de vie et ses opportunités pro, mais l’adaptation administrative et la langue restent un vrai défi aujourd’hui. J’ai trouvé le passage sur les enfants particulièrement touchant, on sent quelque chose de sincère et vécu.
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