À mon jardin
À mon jardin d’enfance, avec son boulodrome, ses framboisiers et son petit coin à oseille. On y faisait de la balançoire, on regardait les poules, et mon papa avait son potager.
À mon jardin d’adolescence, avec son four à pain, toujours les poules et le potager, et mes deux massifs de fleurs que je m’étais appropriée. J’avais planté trois rosiers moribonds en promo au Super U. Plus de vingt and plus tard, ils sont toujours là.
À mon premier jardin de jeune adulte. Une petite cour en herbe partagée entre tous les locataires. On était au rez-de-chaussée, et on y prenait notre café.
À mon premier potager. Un jardin ouvrier, sur un terrain attenant au chateau de Versailles (oui oui). Un coup de chance et on a pu y accéder. Pendant deux ans, on a cultivé ce petit bout de terre. Tomates, courgettes, haricots verts. Et barbecues à volonté. Il y avait du houblon qui poussait, on en a même fait une bière (completement ratée, elle avait le goût … d’ail et d’oignon, c’est devenu notre base pour les soupes. Une vraie bière potagère).

À ce petit balcon, en plein golden triangle de Kuala Lumpur, vue imprenable sur les fameuse tours Petronas. C’est peu, mais c’est dehors, et on peut – encore une fois – y prendre un café. Ou y faire un apéro zoom en temps confinés. Ou une raclette tropicale, aussi.

À mon jardin. L’actuel. Celui qui a accueilli mes doutes au retour d’expatriation. Celui qui, dès le début, m’a ancrée dans cette maison alors que ma tête doutait et voulait se projeter dans un nouveau départ.
Celui qui se couvre de fleurs tous les printemps. Celui qui a vu arriver une Poupette. Puis Chat. Puis Nino. Et maintenant ce petit Lutin.

Ce jardin qui a accueilli tout le monde lorsqu’on a enterré Nino. Une grande fête triste mais aussi pleine de vie, c’est ça qu’on voulait.
Ce jardin, dans lequel, comme mon papa, je fais mon potager. D’ailleurs, la transmission est totale : moi aussi j’ai un jardin de curé (joli mot pour dire que c’est le bordel).
Ce jardin, dans lequel, comme ma maman, je taille les arbres quand ma tête est trop pleine et à besoin d’effort physique pour se vider (toi aussi taille tous les rosiers à 9 mois de grossesse quand t’en peux plus que ce bébé n’arrive pas).
Ce jardin où les beaux jours sont si doux. Où on commence à manger dehors dès qu’il fait assez chaud, avec les enfants en combi s’il le faut.

Ce jardin où, définitivement, la transmission se fait, parce que maintenant, mon potager, je le fais avec la Poupette qui adore planter.
Ce jardin où encore aujourd’hui, dès que je peux, je prends mon café.

Depuis toujours, j’ai besoin d’aller dehors au moins une fois par jour. Je ne sais pas vivre enfermée. Et mon jardin, c’est là que je vais pour respirer.

C’est amusant, j’ai une expérience différente.
J’ai toujours grandi avec un jardin. Mais pour moi, c’était une corvée désagréable que je partageais avec mes parents et grands parents. Planter, arroser, ramasser, tondre… ce n’était que des contraintes qui m’ennuyaient et je me suis promise en grandissant de ne pas avoir de (grand) jardin.
Au final j’habite en appartement avec une cour partagée et ca me va très bien.
Par contre, comme toi, j’aime être dehors, dans les parcs, les forêts… Et je sors tous les jours respirer le bon air frais.
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