Bienvenue à Galaswinda : endroit et envers du décor
Oui, oui ma référence est vieillotte, mais quand on veut parler de village de vacances, j’ai immédiatement l’image des Bronzés qui me vient en tête. La plage, dormir dans des cases, les amourettes d’été, les GO (Gentils Organisateurs) avec des allures de Ken et de Barbie, les chorégraphies un peu ringardes, les jeux cafés et apéros et j’en passe. Bref, les villages de vacances sont des clichés ambulants ! Généralement on adhère ou alors pas du tout. Je suis plutôt team, je pars en vacances découvrir le monde et faire mes expériences mais j’ai eu plusieurs fois l’occasion de travailler dans un village de vacances et d’y être également vacancière alors je me suis dit que ça valait peut être le coup d’en parler avec toi. Petite précision, il s’agit de mon expérience et le lieu dont je vais te parler n’est pas lié à une chaîne donc c’est peut-être très différent des villages de vacances très connus.

Quand tu es animatrice
Quand j’avais 17 ans, j’ai passé le BAFA et j’ai enchaîné les colonies pendant les vacances en parallèle de mes études. J’ai adoré cela mais on était payé au lance-pierre avec des grosses responsabilités puisque tu es en charge des enfants 24h/24h. Et puis, une année, une amie m’explique qu’elle travaille l’été dans un village de vacances, que le rythme est soutenu mais les salaires sont plus intéressants qu’en colonie. Ils ont souvent besoin d’animateurs pour toute la saison. Sur le papier c’est intéressant, pas besoin de faire le voyage avec les enfants, pas de responsabilités la nuit, un temps de travail limité et un même boulot pour tout l’été. Je tente donc ma chance et ma candidature est retenue.
J’ai 21 ans et j’embarque donc pour ma première saison, je ne sais pas trop à quoi m’attendre, je ne connais personne à part ma copine qui travaille à la réception, je ne sais même pas si on va se croiser. J’arrive un dimanche dans la même navette que les vacanciers qui sont en super forme et semblent tous se connaître depuis des années. Il y a toutes les générations. Je papote avec un jeune homme qui semble aussi perdu que moi, normal c’est sa première saison. Il sera à la plonge. À peine arrivée, je n’ai pas vraiment le temps de souffler, je m’installe rapidement dans un logement que je partage avec une autre animatrice. Et puis, on doit se rendre rapidement au club enfants pour organiser les activités de la première quinzaine, faire notre planning de présence, faire les inscriptions et apprendre rapidement le défilé de présentation du dimanche soir. On apprend aussi que notre présence pour les spectacles familiaux de la semaine est plus que bienvenue.
Pendant, toute cette saison, mon quotidien est rythmé par les animations et les activités sportives avec les jeunes (j’avais en charge les grands), les répétitions de spectacle, l’aide à la réception et au ménage le dimanche (mais pour ça j’étais payé en plus) etc… Mais il y avait aussi beaucoup de temps libre et de liberté : on partait en vadrouille avec d’autres saisonniers parfois à la journée, parfois deux jours quand on avait cumulé des journées « off », on avait accès aux activités nautiques, et on faisait beaucoup de fêtes car on disposait de nos soirées. On a créée des liens entre saisonniers, avec certains on garde contact pendant quelques temps, j’ai vraiment eu l’impression d’une solidarité entre nous tous quel que soit le poste, je pense aussi que le fait de tous participer aux spectacles contribuait à cela. Et puis, ce lieu où je travaillais c’est une histoire de famille, et on se sentait vraiment comme cela y compris avec les vacanciers. On connaissait tous les enfants, on les amenait le soir après la veillée à table aux parents et souvent on engageait la conversation avec eux.
J’ai renouvelé l’expérience d’être saisonnière une fois et puis après j’ai fait autre chose de ma vie. J’ai commencé à travailler sérieusement. Je ne pensais jamais faire partie des vacanciers de village de vacances, j’avais aimé travailler là-bas mais j’avais l’impression que les clients restaient sur place et j’imaginais des vacances plus mobiles quand j’aurais une famille.
Quand tu deviens vacancière
Il y a eu le COVID. Je venais de vivre une année compliquée, Couette-Couette était petite et un vrai bébé koala. J’étais crevée, lessivée, je n’avais aucune envie de me lancer dans une recherche d’itinéraire de vacances, de logements et surtout j’avais envie qu’on me prenne par la main. Alors je me suis rappelée de ce village de vacances, des activités sportives, du tout inclus (y compris les activités), de la plage et du club enfants. On a réservé une semaine.
Nous sommes arrivés par la même navette que j’avais prise 15 ans plus tôt. Tout le monde se retrouve et semble se connaître. Moi, les têtes des gens ne me disent rien… Par contre, en arrivant sur place, je retrouve des têtes connues dans l’équipe, notamment au club enfants. Mais Sangohan nous prévient « je n’y mettrai pas les pieds ». On l’a inscrit, il y est allé, il a adoré la formule « j’y vais quand je veux » et du coup, on ne l’a quasi pas vu de la semaine.
Nous avons vraiment apprécié cette semaine de décompression totale. Il faut un petit temps pour comprendre les codes (être au taquet le premier matin pour s’inscrire pour la semaine aux activités nautiques, mais j’avais cela en tête donc on a été réactifs) mais on ne s’est pas senti oppressé. On était libres de participer ou non aux différents jeux, le site est vaste et il n’y a pas de piscine (mais une plage de rêve), les clients sont essentiellement des sportifs donc tout le monde est concentré soit sur le match de volley ou foot en cours ou bien est en train de faire du catamaran, de la planche à voile, du fitness etc…

Nous n’avons pas fait de tourisme cette année là ce qui était un gros regret. Les années suivantes, nous avons modifié notre fonctionnement : une semaine en village de vacances + une semaine en Airbnb. Cela nous a bien convenu.
Couette-Couette a été assez grande la deuxième année pour intégrer le club enfants et elle y a vite pris ses habitudes y compris pour prendre le repas du soir à l’horaire des enfants avec les copains. Pour les adultes, on apprécie de sentir les enfants en environnement serein, tout le monde finit par se connaître et il arrive régulièrement qu’on récupère les enfants des autres et qu’on dépose tout ce petit monde dans les différents logements. Le soir, c’est chouette de se retrouver entre adultes pour l’apéro et le repas. Et puis, nous faisons tous des activités que nous ne faisons pas durant l’année : Optimist, planche à voile, tir à l’arc.
C’est une bulle de décompression. Cette année, nous sommes partis trois semaines en camping-car à l’autre bout du monde. C’était une super expérience pour nous tous mais, il faut le reconnaître, bien moins reposant que notre semaine dans notre petit paradis. Alors même si on veut encore partir à l’aventure je pense qu’un retour dans ce lieu se fera à nouveau un prochain été.
