10 mois, mon Lutin
Tu es un bébé PRESSÉ. Très tôt tu te retournes, tu rampes. À 6 mois, tu te mets debout. Autant te dire qu’on n’était pas prêts.
Tu as tes jeux préférés : les prises, le lave-vaisselle, les poivrons, le balai. Tu sais démarrer le robot aspi même s’il te fait très peur quand il commence à bouger. Te ballader sous les trucs aussi, sans te cogner (ça nous impressionne beaucoup).
Tu es très intrigué par Chat, que tu courses à travers la maison en caquetant de joie. Chat, avec sa patience-bébé légendaire, se laisse relativement faire (crois moi qu’elle est PAS pareille avec les adultes).
Tu es un grand fan de ta sœur, qui te le rend bien. À chaque retrouvailles vous vous sautez dans les bras et vous filez jouer en vous marrant comme des petites baleines. Et nous on est très ému de voir votre relation éclore et grandir si fort. Vous vous ressemblez énormément, tant physiquement qu’en caractère.
Tu aimes beaucoup téter, mais finalement ton biberon c’est pas mal aussi tant qu’il contient du lait de maman.
Le coup des purées par contre, au début tu trouves ça chelou mais au bout de quelques semaines tu prends le pli. Et à partir de là tu as un bon coup de fourchette petite cuillère. Tu es un solide gaillard d’ailleurs, a 10 mois tu as dépassé les 10kg et j’ai sorti le carton « 18 mois » depuis un moment.
Et puis assez vite, tu captes les morceaux. Ça commence par de l’abricot et de la tomate. Puis du poivron et des courgettes crues, pas exactement en environnement maîtrisé vu que tu vas te servir directement dans le garde-manger. Et puis il y a ce jour où tu manges un aimant.

Un aimant de frigo. Plutôt gros, 3cm x 1cm x 3mm. Après 24h à attendre qu’il passe « tout seul » le verdict tombe : il faut opérer. Tu es un sacré petit bonhomme courage qui tiendra 16h à jeun (en pleine canicule) avant de partir au bloc dans les bras de toute l’équipe d’anesthésie. En sortant tu te brancheras plus d’une heure au sein, comme pour évacuer en tétant toute l’absurdité de cette journée.

À côté de ça, tu t’exprimes de plus en plus. Aux premiers « mamamama » ont suivi « wawa » (papa), « taaa ? » (Qu’est ce qu’il se passe ?). Et ton petit doigt est apparu pour régner sur notre quotidien pointer tout ce qui t’intrigue / ce que tu veux. Tu es aussi SUPER CLAIR quand tu vois quelque chose que tu veux manger. Maintenant. Tout de suite.
Tu dors de mieux en mieux aussi. Tu te réveillais toutes les 40 minutes et dormais essentiellement dans les bras de Maman. Maintenant, et même si on a toujours régulièrement des authentiques nuits pourries, il n’est pas rare que tu dormes 4, 5, 6, voire même 8h d’affilée dans ton lit (évidemment de 20h à 4h du mat mais qui suis-je pour juger).
Tu es un petit garçon lait sur le feu. Tous les jours tu trouves une (ou 174139) nouvelle bêtise à faire. Tous les jours il y a des trucs nouveaux, des fous rire et des courses effrenées pour t’empecher de [insérer ici ta dernière idée inadaptée].
Avec toi on a découvert la peur, la vraie peur viscérale du truc grave en train d’arriver, notamment avec ton allergie au lait de vache (j’en reparlerai). Mais on a aussi replongé dans ce chaos du quotidien qui nous manquait tant. Cette douceur de te voir évoluer à fond la caisse. Cet émerveillement de voir sans cesse des nouveaux progrès. Ces paillettes (voire poussières) dans les yeux quand on vous voit avec ta grande soeur devenir si proche et même parfois vous disputer.
Vraiment, on ne t’échangerai pour rien au monde. Et on espère que tu resteras longtemps ce petit bonhomme si vif et si décidé. Et tant pis pour les nuits hachées, vraiment, c’est pas grave (si tu pouvais ne plus manger d’aimants en revanche …).
Mon Lutin, tu vas être un sacré grand frère. Ça va encore être quelque chose, cette histoire.
