Mon DIU, l’impossible amour

mon diu, l’impossible amour

J’en avais parlé précédemment : mon DIU (ou stérilet dans le langage usuel) m’a été « imposé ». Je ne peux envisager aucun autre moyen de contraception. Mon gynécologue m’a donc posé mon tout premier DIU quelques mois après la naissance de PetitePerle en 2015.

Je chérissais ce petit morceau de cuivre installé confortablement dans mon intérieur. Je ne connaissais aucun désagrément : pas de boutons acnéiques, pas de règles plus abondantes ou plus douloureuses…

Je l’ai donc fait retirer en mai 2017 pour envisager une seconde grossesse. Lorsque ma sage-femme m’a replacé le même DIU deux mois après mon accouchement, j’étais loin de m’imaginer l’enfer qui m’attendait.

Les premiers signes de mésentente

Mon histoire d’amour avec mon DIU commence normalement. Je me souviens avoir eu des règles un peu plus abondantes les trois premiers cycles avec mon précédent dispositif. Je ne suis donc pas étonnée de perdre beaucoup de sang au début. Je sais que dans quelques mois, tout rentrera dans l’ordre. Ou pas.

Après un an de cohabitation, mes règles sont toujours très abondantes. Mon cycle dure cinq jours mais j’ai, dans cette durée, deux jours vraiment « hémorragiques ». Je vide ma coupe menstruelle toutes les vingt minutes, promis je n’exagère pas. Je prends une coupe menstruelle d’une taille supérieure. Celle-ci tient maximum une heure. Pas plus.

De plus, il m’arrive très régulièrement d’avoir des violentes nausées et des douleurs dans le ventre.

Un an après mon accouchement, ma sage-femme me reçoit pour une visite de contrôle. Nous évoquons donc la contraception et je lui raconte mes mésaventures. Elle me réprimande gentiment en me demandant pourquoi j’ai attendu un an avant de lui en parler. Mais pour moi, je pensais laisser le temps au temps et que tout allait rentrer dans l’ordre.

Elle me dit qu’il n’est pas normal de vider une coupe menstruelle aussi souvent et me prescrit une prise de sang à faire le plus rapidement possible.

Sans surprise, elle n’est pas excellente. Mon taux de fer est tellement bas qu’il est impossible de le mesurer. C’est donc mon médecin traitant qui prend le relai pour un traitement de choc.

Il m’annonce que tous mes symptômes peuvent être expliqués par ce taux dans les chaussettes. C’est parti pour un traitement de trois cachets par jour pendant trois mois. Je n’en suis pas à mon coup d’essai, je suis souvent sous traitement préventif car carencée.

Crédit photo : photo personnelle

La douche froide

Les premiers effets du traitement se font rapidement ressentir : j’ai une forme olympique, exit le teint blafard et les douleurs au ventre.

Trois mois après le début du traitement, nouvelle prise de sang. C’est la grosse douche froide. Le taux est remonté, mais il est bien trop faible. Je suis toujours anémiée. Je pars sur un nouveau traitement de quatre cachets par jour, cette fois-ci pendant quatre mois.

Dans la foulée, je fais une radio complète de l’abdomen, de la gorge à l’utérus. Qui ne révèlera rien d’anormal.

Avant de se fixer sur un éventuel retrait du DIU qui serait la cause de mon anémie, mon médecin veut écarter toutes les possibilités d’éventuelles maladies qui empêcheraient le fer de se fixer. Je prends donc une consultation chez une gastro-entérologue pour la semaine suivante. Après quelques examens de routine, elle pense aussi à une cause gynécologique. Mais pour s’assurer de ne passer à côté de rien, elle me convoque le lendemain pour une gastroscopie.

J’arrive donc à la clinique le lendemain à huit heures, à jeun, pour me faire passer un joli tuyau dans le nez. L’examen n’est pas une partie de plaisir surtout que la gastro-entérologue veut en profiter pour faire une biopsie. La caméra ne montrera rien d’anormal, favorisant la cause gynécologique.

J’attends fébrilement les résultats de la biopsie qui arrivent la semaine suivante. À part une légère inflammation de l’œsophage, tous les voyants sont au vert.

Et maintenant

Le dernier traitement en fer m’a été bénéfique. J’ai pu avoir deux mois de répit. Depuis la fin du confinement, une nouvelle prise de sang a révélé une chute du taux de fer. Je ne suis pas encore anémiée mais mon médecin préfère prévenir que guérir. J’ai donc un nouveau traitement, plus léger, pour prévenir une éventuelle chute du taux.

Et je suis dans l’impasse en termes de contraception. Bien entendu, les règles abondantes et douloureuses n’ont pas cessé.

Il n’y a que deux solutions possibles. La première, prônée par Mari Barbu : on fait attention. Rien de plus simple ! Il suffit juste de ne pas avoir de rapports sexuels pendant la période critique ! Rien de plus simple en effet. Et de plus aléatoirement dangereux… Surtout pour moi qui ne veut pas d’une troisième grossesse.

La seconde solution prônée par moi mais suivie par personne : la ligature. Je ne compte plus le nombre de professionnels médicaux qui m’ont envoyées sur les roses, rejetant ma demande. Depuis deux ans, je tente ma chance un peu partout. Depuis deux ans, je n’essuie que des refus. Ma dernière carte est de partir me faire opérer en Suisse (j’habite à trente minutes de Genève, cela pourrait être une formalité pour moi).

Pour l’instant, je n’arrive pas à y voir clair. Je décale sans cesse une prise de décision et fais allègrement l’autruche pour ne pas avoir à choisir. Pourtant, c’est mon corps, mon utérus, ma décision. Mais je crois qu’au fond, l’une ou l’autre solution me fiche la trouille.

Alors j’attends, en espérant un miracle qui ferait que mon DIU et mon corps fassent équipe intelligemment comme dans le passé.


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21 commentaires sur “Mon DIU, l’impossible amour

  1. J’ai abandonné le DIU (et toute autre contraception) depuis 5 ans et je m’en porte beaucoup mieux physiquement et surtout moralement. N’avez-vous aucun symptôme psychologique? Je me sentais tout le temps déprimée, avec beaucoup de sautes d’humeur.

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    1. Quand j’ai arrêté ma pilule j’ai effectivement ressenti un bien-être incroyable : humeur plus joyeuse, libido retrouvée…
      Par contre je ne note aucun changement avec le retrait de mon DIU

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  2. Je comprends bien ton problème. Ta situation n’est vraiment pas facile !
    As tu discuté pour voir si tu ne pourrais pas juste tester une autre pilule (avec une hormone différente de celle qui t’a rendu malade… je ne sais pas si j’oserai) ou un autre DIU (peut être qu’un autre forme ou matériau pourrait ne pas provoquer l’anémie)?

    Sinon il me semble qu’il y a une troisième méthode de contraception que votre couple pourrait envisager : la vasectomie ! Il n’y a pas de raison que tout repose sur toi.
    Pour ce qui est de la méthode: « on fait attention », perso je me risquerai jamais. Déjà la période critique peut être assez variable même si tu es réglée régulièrement et ensuite en cas de raté, les 2 options qui s’offrent à toi ne sont vraiment pas géniales.
    Dans mon entourage, c’est assez à la mode d’observer son corps, de mettre ses infos dans une app et de savoir quand on peut ou pas faire l’amour. Il y a déjà eu 2 accidents (un avortement et un bébé). Sur environ 5 ans et 6 femmes, ce n’est pas si mal que ca mais quand même !
    Il ne faut pas oublié que de nombreuses femmes utilisant l’appli Natural Cycles sont tombé enceintes contre leur souhait !

    Si tu décides de « faire attention », tu peux essayer de cumuler avec d’autres méthodes contraceptives comme les spermicides ou le diaphragme.
    Ou sinon, question bête mais le préservatif féminin est aussi en latex ?

    Bonne chance !

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    1. Depuis l’écriture de l’article, j’ai fait retirer mon DIU. Je prends scrupuleusement ma température tous les matins et note l’observation de la glaire cervicale.
      Nous avons entamé une procédure pour une vasectomie et/ou ligature (RDV pris en couple) mais malheureusement le covid est venu retarder notre processus !

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  3. je comprends bien ton problème, le stérilet ne me pose en revanche aucun souci… sauf que les fils sont remontés dans l’utérus, donc le retrait ne sera pas une partie de plaisir. C’est une cata. Mon plan B (en te lisant je me dis que ça ne va pas être aussi simple que je l’imagine) est de faire les deux en même temps, ligature + retrait, autant profiter de la rachi péri 😉 j’espère que je vais trouver un médecin qui acceptera de me le faire. Pourquoi font-il un blocage pour toi ? J’aurais 40 ans en février et j’ai un enfant, je croise tous mes doigts pour trouver un praticien….

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    1. Le premier argument était l’année dernière : mon fils avait alors 1 an et 1/2 et mon gynéco m’a dit que comme j’avais eu un accouchement traumatisant, je devrais attendre un certain temps avant d’avoir une ligature. (tu la sens la notion floue de « un certain temps » ?)
      Ensuite mon âge pose problème : 30 ans c’est beaucoup trop jeune pour ce type d’opération.
      Il ne faudrait pas que vous le regrettiez ….

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  4. Bonjour Rosalia,
    Ici aussi après troisième grossesse, mésentente totale avec mon stérilet cuivre mais pas jusqu’à ton niveau…
    J’ai changé pour un stérilet non remboursé, le Ballerina qui n’a pas la même forme que les traditionnels stériles T et tout est rentré dans l’ordre ( douleurs, saignements abondants ont disparu).
    Parallèlement à cela mon mari est aussi rentré dans le processus de vasectomie (mars si tout va bien). Un vrai soulagement !
    Courage et j’espère que vous allez trouver une solution qui vous convienne.

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  5. Aïe aïe aïe, situation difficile … je connais les anémies à répétition et c’est pas marrant. De mon coté il s’agit a priori d’une faiblesse du foie/intestin.

    Petit témoignage concernant une méthode dite « naturelle » : on l’utilise avec mon mari depuis 7 ans, avec observation de la glaire cervicale. En 7 ans, 0 grossesse non désirée, 2 grossesses voulues. Malgré des cycles parfois irréguliers/décalés car ovaires polykystiques un peu flemmards. Et promis, on s’empêche pas de s’aimer ! ;-D
    Je me permets de livrer ce petit témoignage, pas forcément pour convaincre, mais pour dire c’est possible et fiable (pas à 100% mais aucune contraception ne l’est). En revanche et j’insiste, il faut se former avec un pro (animatrice spécialisée, sage femme ou gynéco) car les applis dédiées ou connaissances approximatives sur le cycle menstruel ne suffisent pas du tout et peuvent même induire en erreur ..!!
    C’est donc assez exigeant au départ (se former) et impose une observation quotidienne rigoureuse. Mais personnellement je n’ai pas du tout envie de changer de méthode. En plus je trouve que mon mari participe de ce fait à notre fertilité, il connait mon cycle, me respecte dans cet aspect de mon corps de femme.
    Je ne sais pas si vous connaissez « Kiffe ton cycle » , pour moi c’est complémentaire.

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    1. J’ai effectivement vu que la contracepion dite « naturelle » était de plus en plus d’actualité.
      Merci pour ton retour d’expérience !
      Et non je connais pas du tout  » kiffe ton cycle », merci pour le partage !

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    2. Même expérience, nous avons choisi avec mon mari une méthode d’observation du cycle (dite « naturelle »), et aucun regret de ce côté (ni aucune grossesse non désirée). Par contre, j’appuie ce que dit Nuage : il faut se former avec des professionnels et être rigoureux (surtout au début, ensuite on prend confiance en soi), car les applications ne sont pas fiables du tout. Mais en dehors de ça, ça offre une vraie liberté d’être autonome et de bien comprendre sa fertilité. Mon mari est également très impliqué, et c’est très agréable de gérer ça à deux.
      Bon courage !

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  6. Je trouve tout de même aberrant que les docs aient préféré continuer à te bourrer de cachets et te laisser le DIU au lieu de te le retirer plus vite…

    Et je trouve tout autant aberrant que tu soies obligée d’aller à l’étranger pour une ligature, tu as 2 enfants alors c’est quoi leur argument contre ? « on sait jamais, au cas où 2 ça vous suffise pas, au cas où ça vous brancherait de repeupler la planète ? »

    On est en 2020 et les femmes, en France, ne peuvent toujours pas disposer de leurs corps comme elles le souhaitent… Bien bien bien…

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  7. Soit un DIU hormonal, soit une vasectomie, soit les préservatifs. Il y a d’autres solutions, et toutes les options ne pèsent pas sur toi. Pour votre couple la vasectomie est certainement une excellente solution.

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    1. NB : le refus d’une ligature des trompes est illégal.Même une nullipare peut la demander, même si personnellement je pense qu’il faut effectivement être très prudent dans l’indication dans ce cas précis.

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      1. Dans les faits : un professionnel peut tout à fait refuse une ligature. Par contre, en cas de refus, il doit obligatoirement donner à la patiente la liste de ses confrères qui l’a pratiquent

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  8. Je m’étais renseigner sur la ligature et la vasectomie et cette dernière est beaucoup moins complèxe, compris moins de risque que la ligature et est réversible. Je trouve que la contraception est souvent une histoire de femme, je trouve bien que les hommes y participent! Et il n’y a pas d’effet secondaire à la vasectomie.

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  9. Bonjour Rosalia. J’ai dû interrompre brutalement ma contraception en Juillet dernier. Atteinte d’endométriose, je suis traitée depuis 12 ans par Lutenyl, et cela me convenait bien.
    Le problème est que ce médicament se retrouve accusé de provoquer des tumeurs cérébrales chez les femmes l’ayant utilisé.
    Juste au moment où mon mari apprend cela par la radio, j’ai rdv avec mon gynéco.

    Et là je suis tombée des nues. D’après lui, il n’y a aucun risque mais dans le doute il me prescrit ( sans solliciter mon avis)une pilule que l’on donne aux jeunes filles…

    Je vois ensuite mon médecin traitant qui me dit qu’a 40 ans ce genre de pilule n’est pas adapté. La solution : la vasectomie de mon mari.
    Lui ne serait pas contre, mais c’est moi qui ne veut pas. J’ai bien senti aussi chez ces professionnels de santé que la ligature n’est pas une option.
    J’ai 40 ans, pas d’enfants par choix, et si j’avais dû en avoir un, je l’aurais eu avant!!

    Mon mari m’a convaincue d’arrêter les contraceptifs. Mes cycles sont chaotiques( normal, je prenais le Lutenyl en continu) donc pas évident de faire attention.

    Du coup, c’est retour à la case départ avec préservatifs, aussi frustrant que cela puisse être.

    Je comprends mieux que beaucoup de femmes ou de couples se tournent vers les méthodes naturelles. Quand on se retrouve prise en otage, il n’y a pas le choix!!
    Bon courage pour votre parcours

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