Ma grossesse dure huit mois…

Ma grossesse dure huit mois…

… Et c’est largement suffisant ! Mais c’est aussi très perturbant. Allez, viens, je t’emmène dans les méandres de cette grossesse pas comme les autres !

Crédit photo : Josh Bean

Pourquoi une grossesse gémellaire dure moins longtemps ?

A chaque fois qu’on me demande mon terme je ne sais pas trop quoi répondre. Parce qu’il y a le terme administratif, qui correspond à neuf mois de grossesse, ou 41 SA (semaines d’aménorrhée) soit le 28 septembre me concernant.

Ensuite il y a le terme que l’équipe médicale ne me laissera pas dépasser, qui se situe vers 39 SA mais dont la date n’a pas encore été officiellement définie dans mon cas, à l’heure où je t’écris (j’en suis à 7 mois de grossesse). Il y a aussi les différentes façons de calculer des médecins, sages-femmes et autres interlocuteurs, qui me parlent un coup du 12 septembre, un coup du 15 septembre.

Et puis, il y a le terme qu’il faut avoir passé pour que les bébés ne soient pas prématurés. Et là ça se corse encore un peu puisque, si j’ai bien compris, les jumeaux sont « prêt à sortir » une bonne semaine avant les singletons. Et là encore, la date qui m’a été avancée dépend des interlocuteurs que j’ai eu. Mais en gros, ils peuvent sortir dès 36 SA, ça ne poserait pas de problèmes médicaux majeurs apparemment.

Et enfin, il y a toujours cette épée de Damoclès au-dessus de la tête qu’est la prématurité, et qui donne une vraie incertitude sur la période de naissance des bébés. Puisque plus de 50% des grossesses gémellaires se terminent beaucoup trop tôt, j’aurai passé mon temps à répondre « s’ils ne naissent pas trop tôt » pour finir ma réponse.

Donc, contrairement à une grossesse « classique » où j’aurai simplement répondu « mon terme est fin septembre », je me retrouve à répondre une phrase à rallonge en y incluant la possibilité que les bébés naissent en août.

Mais tout ça ne répond pas à la question initiale : pourquoi on ne fait pas dépasser les 39 SA pour une grossesse gémellaire ? Tout simplement parce que du fait qu’il y ai deux bébés, ils prennent plus de place et pèsent plus lourd qu’un seul bébé, et du coup l’utérus en prend un sacré coup. Passé un certain stade, il y a plus de risques que l’utérus soit trop distendu et que cela engendre des difficultés comme une hémorragie de la délivrance par exemple. Sans parler des risques pour les bébés, de ne plus pouvoir se développer par manque cruel de place. Ceci dit j’ai quand même l’impression qu’il n’y a pas de règle universelle, puisque j’ai déjà entendu parler de grossesses gémellaire menées au-delà de 40 SA !

Bref, dans ma tête, au début, c’était bien le bazar ! J’ai fait un mixte de tout ça et j’en ai conclu que je devais partir sur une base de huit mois de grossesse et non pas neuf.

En quoi c’est déroutant, d’avoir un mois de moins ?

Un mois, finalement, ce n’est pas rien ! Quand, généralement, à six mois tu commences doucement à préparer matériellement l’arrivée d’un bébé, il te reste en théorie trois mois pour le faire, dont deux mois où tu es encore en forme. Tandis que là, à six mois, il ne me reste plus que deux mois, dont seulement un en forme « relative » avec la crainte que si je m’active de trop je finisse à la maternité beaucoup trop tôt ! Donc à six mois, il commence déjà à être un peu trop tard pour se préparer. En fait, ça m’a donné la même impression que pour les préparatifs de Noël : tout le mois de novembre j’y pense mais en me disant que c’est bon, on est laaarge, que quand même, novembre c’est encore tôt pour acheter des cadeaux. Et que dès le 1er décembre je suis en mode panique parce qu’il ne reste plus que trois week-end pour tout gérer, organiser et acheter et pourquoi cette année je ne m’y suis pas prise plus en avance ! Tu vois l’idée ?!

Ce qui est déroutant aussi, c’est le suivi médical. Alors, dans mon cas précis, je pense qu’il y a aussi eu un effet « Covid et confinement », mais quand même.

Pour reprendre avec toi, voici le suivi spécial grossesse gémellaire :

  • Une échographie tous les mois pour vérifier l’évolution des bébés, mais aussi et surtout s’assurer qu’ils se développement bien à la même vitesse, que la quantité de liquide amniotique est bien équivalente dans les deux poches et que les deux placentas sont normaux.
  • Une mesure du col tous les mois (pour moi c’était en même temps que l’écho) pour s’assurer que la parturiente ne fasse pas une MAP (Menace d’accouchement prématuré)
  • Un suivi par un/une gynécologue obligatoire, et du coup impossible avec une sage-femme ou un médecin généraliste.
  • Un suivi encore plus serré sur la fin de la grossesse, mais là je n’ai pas encore les détails donc je t’en ferai part une prochaine fois.
  • Un congé maternité qui commence plus tôt (environ 1 mois plus tôt). Et très souvent, un arrêt maladie avant, afin de limiter les risques de prématurité.
  • Une grossesse stipulée « à risque », deux petits mots qui clignotent en permanence dans ma tête comme un avertissement, comme une menace affichée en grosses lettres rouges et que je n’arrive pas à oublier.

Alors, me concernant, j’ai trouvé un IMMENSE décalage entre l’avertissement « attention, grossesse à risque, suivi +++ » et la réalité. J’ai commencé par voir une gynécologue de ville, car aller voir un gynécologue de l’hôpital en plein confinement et épidémie de COVID-19 n’était pas une excellente idée. Elle a fait son taf… mais un peu légèrement, elle savait qu’on n’allait se voir que 3 ou 4 fois. Disons que, comme médicalement tout allait bien, elle n’avait rien de plus à faire, et c’est tant mieux. Mais elle n’a rien fait qu’une sage-femme n’aurait pas pu faire. En revanche, une sage-femme prend le temps d’écouter, de répondre aux questions, de s’assurer que tout va bien moralement, etc. Là mes rendez-vous étaient expédiés en 15 minutes et basta, à dans un mois.

Avec une grossesse raccourcie et les risques de prématurité, je m’attendais à ce que le calendrier soit un peu adapté. Mais en fait, pas du tout. La préparation à l’accouchement, le rendez-vous anesthésiste, les rendez-vous avec le gynéco de l’hôpital pour prévoir l’accouchement, les différentes choses annexes proposées en temps normal comme la visite de la maternité, etc. Tout ceci reste inscrit dans un calendrier de grossesse classique. Ce qui m’a quand même dérouté et un peu stressé, pour tout te dire. D’autant plus que, soyons honnête, la mobilité, la fatigue et la facilité de se déplacer à sept mois de grossesse ne sont quand même pas les mêmes quand on attend un bébé ou deux. En tout cas, pour moi, c’est assez flagrant. Et si à six mois de grossesse je me sentais comme à huit mois et demi, j’étais encore à peu près en forme pour enchaîner des rendez-vous, des déplacements et tout. Aujourd’hui à sept mois, le moindre déplacement me semble être une montagne à traverser.  

Concernant le suivi des analyses médicales ça aura aussi été très particulier. Pour le coup je pense que c’est dû à la multitude d’interlocuteurs. Bon, tu me connais, j’ai horreur des prises de sang. Donc si je peux en faire le moins possible, ça me va. J’ai donc décidé que je ne ferai qu’une prise de sang sur deux. Pour mes deux premières grossesses, avec un suivi sage-femme uniquement, ça n’aurait jamais pu passer : elle m’aurait très fortement incité à les faire tous les mois, et m’aurait limite engueulé. Là c’est passé crème sans aucun problème. Ce qui m’arrange hein, mais ça me donne quand même l’impression de ne pas être vraiment suivie. J’en ai parlé à ma sage-femme qui fait ma préparation à la naissance (tu vois, j’ai été très honnête en plus !!) et grâce à elle j’ai réussi à me motiver à faire celle des six mois. Et elle a bien fait, il s’avère que je traine une sévère anémie. Sauf que… entre les vacances d’été, le fonctionnement de l’hôpital et que sais-je encore, 2 semaines après avoir reçu les résultats je n’ai encore eu aucun rendez-vous ni même contact mail ou téléphonique de qui que ce soit pour me dire quoi faire pour remédier à ce problème.

Et en quoi c’est largement suffisant de n’avoir que huit mois de grossesse ?

Comme je te l’ai déjà un peu dit, la grossesse gémellaire va « plus vite ». A 4 mois je me sentais comme à 6 mois. A 6 mois je me sentais comme à 8,5 mois. A 7 mois, clairement, je suis à bout.

Les maux de grossesse que j’avais expérimentés pour les deux premiers, sont tous apparus plus tôt cette fois-ci. Et donc vont durer plus longtemps.

Le plus dur pour moi c’est la mobilité. Autant j’avais tenu sur mon vélo jusqu’à huit mois de grossesse pour P’tit Matelot, autant là j’ai dû arrêter à six mois. Parallèlement je marche très très lentement, en ayant besoin de m’assoir tous les 300 mètres maximum. Autant dire que la sortie quotidienne pour aller chercher le pain qui se trouve à 900 mètres, j’oublie. Les rares fois où je me promène un peu, je rentre complètement épuisée. La voiture est non seulement déconseillée dans la mesure du possible (je ne verrai donc pas la mer cette année, moi qui ai vécu sur la côte toute mon enfance c’est un sacré coup dur), mais en plus j’ai beaucoup de mal à conduire. Alors je le fais encore quand je dois me rendre seule à mes rendez-vous médicaux, parce que je n’ai pas le choix, mais ce n’est pas une partie de plaisir.

Et puis, sans m’épancher plus que ça, il y a les douleurs ligamentaires, les douleurs au dos, l’encombrement maximal du ventre, le sommeil difficile, les remontées acides, l’impossibilité de porter des charges « lourdes » (une chaise…), les bas de contention à porter, la dépendance, etc. Il faut que je tienne encore un mois pour passer le stade de la prématurité. Mais je peux te dire que dans un mois : aller hop, tout le monde dehors, cette fois-ci il n’y aura pas de neuvième mois !!


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4 commentaires sur “Ma grossesse dure huit mois…

  1. Effectivement, tu as dû être allégée de les avoir dehors. J’ai aussi eu énormément de maux de grossesse avec un … alors je n’ose imaginer avec deux ! Pour le premier j’ai à peine découvert le neuvième mois, il est arrivé presque un mois en avance, du coup je m’étais aussi préparée à avoir une grossesse de huit mois et une semaine pour le second ha ha ! oups, j’ai eu un peu de rab finalement.

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  2. Tu devais vraiment te sentir handicapée… vivement le récit de ton accouchement et des premiers mois. Ça doit être sport d’allaiter les 2 en même temps non? surtout si tu as personne pour te les placer? et comment tu gères tes 2 grands ?

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  3. J’aurais aussi pensé que le « calendrier » serait adapté, d’autant que le congé maternité commence plus tôt (car clairement, les cours de préparation à la naissance en groupe sont souvent incompatibles avec des horaire de travail, et ils ne donnent pas droit à des absences autorisées dans la plupart des sociétés, sans quoi je dirais qu’ils sont trop tardifs pour n’importe quelle grossesse, mais bon, c’est peut-être parce que je n’ai réussi à assister à l’ensemble des cours que pour ma troisième grossesse !).
    J’espère que votre vie à 6 se passe bien, j’ai hâte d’en savoir plus !

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  4. Ahah ! J’adore ta comparaison avec le mois de Novembre et Noël : je m’y reconnais complètement !
    Par contre, je trouve ça très bizarre que l’emploi du temps n’ait pas été adapté : les mamans enceintes de jumeaux qui étaient dans mes groupes de préparation à la naissance à la maternité avaient toutes un terme décalé d’un mois par rapport à moi, justement ! C’est un peu bête, sinon !
    En tout cas, je sais qu’une grossesse très médicalisée ne te faisait pas du tout envie, et je vois qu’au final, ça n’a pas tant été le cas : tant mieux, non ? Enfin bon, avec l’écoute et l’attention d’une sage-femme, ça aurait été encore mieux, quand même….
    Pour fini, je n’ose pas imaginer la toute fin : moi qui est mené deux de mes trois grossesses jusqu’au bout du bout, je me rappelle encore de la fatigue terrible d’avoir ce poids énorme à porter, alors dans ton cas !

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