Comment le confinement a sauvé mon couple

Comment le confinement a sauvé mon couple

Au moment où j’écris ces lignes, nous attaquons vaillamment les premiers jours d’un nouveau confinement, et histoire de me donner du courage, j’ai envie de revenir sur l’un des points très positifs dans ma vie du premier confinement, celui du printemps dernier : je pense qu’il a sauvé mon couple.

Oui, bon, okay, j’y vais peut-être un peu fort… Mais une chose est sûre, alors que début mars nous étions de plus en plus nerveux, arcboutés sur nos positions sans réussir à nous parler, alignant les disputes au fil des jours, le confinement nous a rapprochés (par la force des choses, hein !) et nous en sommes sortis bien plus sereins et en phase.

café en couple
Crédit photo : Gabriel Alva

Mais commençons par le commencement…

L’état des lieux avant confinement

Pour resituer un peu les choses, au début du confinement, ça fait plus de 9 mois que je suis à la maison : entre mon congé maternité qui a commencé mi-juillet et les quelques mois de congé parental que j’ai pris, le temps d’avoir la place en crèche (mais oui, tu sais, la fameuse crèche dont je t’ai parlé la dernière fois… et dans laquelle PetitOurson n’ira donc jamais !), ça fait un bout de temps que je gère la maisonnée pratiquement en solo. Et entre deux petites filles pas si grandes (5 ans et 2 ans et demi) et un bébé qui ne dort ni le jour ni la nuit, on ne peut pas dire que j’aie eu le temps de binge watcher mes séries préférées… Quant à Mister F. il continue à être un super papa, certes, mais pour le reste, il se repose pas mal sur moi. Ben oui, tu comprends, pas de bol, il a accepté une promotion juste avant la naissance de son troisième enfant, alors il a du boulot par-dessus la tête (et un sens du timing indéniable !).

Bref, j’ai beau cododoter pour pouvoir assurer les multiples réveils nocturnes et être entourée d’une super bande de copines mamans, je commence sérieusement à m’essouffler, et à regretter de ne pas avoir repris le travail plus tôt, comme pour mes aînées.

En plus, impossible d’avoir une discussion constructive avec Mister F. : la fatigue parle à ma place, alors le ton monte vite. De son côté, il ne voit vraiment pas pourquoi je me mets dans tous mes états parce qu’il n’a pas envie de prévoir les menus de la semaine avec moi. Bref, le concept de la charge mentale, il l’a pas encore intégré, et c’est l’impasse : je ne sais plus comment communiquer.

Je me vois glisser doucement mais sûrement sur la pente dangereuse qui m’avait menée à la dépression post-partum, quelques années plus tôt.

Mais c’était sans compter sur notre ami Coco !

En plein confinement

Au moment de l’annonce du confinement avec fermeture des crèches et des écoles, je passe illico en mode panique : le petit vélo qui tourne non stop dans ma tête se met à carburer trois fois plus vite, et je me dis que c’est pas possible, je vais craquer.

Au bout de 48h, lorsque Mister F. me confirme qu’il va passer à 100% en télétravail, je pousse un énorme soupir de soulagement : on sera deux en permanence pour gérer les trois petits gnomes qui habitent chez nous !

Je ne vais pas te cacher que, comme chez tout le monde, il nous a fallu quelques semaines avant de trouver un bon équilibre familial. Les premières semaines ont été très sportives : entre les réunions incessantes en visio pour Mister F. pendant lesquelles il fallait garder la maison calme, l’école à la maison pour Poupette, et une Nymphette pas du tout autonome, je passais mes journées à courir partout pour gérer ce petit monde, tout en ayant mon bébé koala greffé à la poitrine (vive le porte-bébé !). C’est bien simple, j’ai perdu 4 kg en un mois !

télétravail enfant confinement
Crédit photo : Charles Deluvio

Au bout de 15 jours à ce rythme, j’ai déclaré à Mister F. que j’allais mettre un terme à mon congé parental, et que, moi aussi, j’allais reprendre le boulot. Quitte à passer toutes mes journées à la maison à jongler entre mille et un rôles, autant que j’occupe également celui qui me permet d’être rémunérée ! Et puis, moi aussi j’avais envie de ces visios à rallonge pendant lesquelles tu parles entre adultes de choses qui n’ont rien à voir avec les couches, l’écriture cursive ou le dernier livre de Petit Ours Brun, et où tu peux espérer avoir plus de 5 minutes de CALME ! Non mais !

Alors certes, ça peut paraître contre-intuitif, mais je te jure que mon emploi du temps, à défaut d’être allégé, s’est retrouvé instantanément rééquilibré : matinée avec les enfants, puis après-midi en solo au calme pour bosser (et nuits avec PetitOurson, mais bon, ça pas le choix : on ne peut pas avancer sur tous les fronts en même temps !).

Ah et autre chose aussi : dès le premier jour du confinement, j’ai annoncé à Mister F. qu’il serait en charge de TOUS les repas, matin midi et soir, sans oublier les goûters pour nos petits goinfres. Bizarrement, l’idée de prévoir les menus à l’avance lui a tout de suite paru beaucoup plus attrayante…

À la sortie

Bref, à la fin de ces (bien trop) nombreuses semaines de confinement, l’équilibre de notre couple, qui avait été mis à rude épreuve pendant mon congé parental, avait retrouvé son niveau normal, celui qui nous caractérise.

Alors certes, je continue à gérer entièrement le linge, le goûter de la grande et son sac de piscine, le doudou de la petite et sa tétine pour l’école, le niveau des couches et du dentifrice, les trajets entre l’école et le conservatoire les soirs de danse, mais Mister F. est de plus en plus souvent aux fourneaux et nous avons repris une alternance bien équilibrée pour amener les enfants le matin et aller les chercher le soir.

cuisine en couple
Crédit photo : Becca Tapert

Je continue à essayer de glisser un peu plus de charge mentale du côté de Mister F. Ce n’est pas encore toujours facile, mais j’y travaille. Et puis, j’essaie de m’attaquer doucement au prochain gros chantier : celui de la charge émotionnelle. Ça te parle ?

Bon et toi, comment ça s’est passé le confinement, pour ton couple ? Ce temps suspendu vous a rapproché, comme nous ? Ou au contraire, vous avez rencontré des difficultés compliquées à surmonter ?

Maintenant, il reste à savoir si cette nouvelle période de confinement sera aussi bénéfique pour nous, mais déjà le fait de pouvoir travailler tous les deux sereinement à la maison pendant que nos trois enfants sont gardés change énormément la donne !

20 commentaires sur “Comment le confinement a sauvé mon couple

  1. Ça fait plaisir de lire que le confinement n’a pas eu que des effets négatifs (faut bien se réjouir du peu de positif qu’il y a ces temps) ! J’ai entendu plusieurs fois dans mon entourage des hommes dire qu’ils ont réalisé l’ampleur des tâches ménagères ou pu passer plus de temps avec leurs enfants à cette occasion, c’est un peu déprimant qu’il ait fallu une pandémie pour ça, mais bon…

    De notre coté, comme mon mari est passé un télétravail mais que moi j’ai du continuer à aller au travail, c’est presque le contraire qui s’est passé : c’est lui qui s’est mis à gérer les courses, une partie du ménage et des lessives et notre fille. On était déjà assez équilibrés au niveau de la charge mentale avant (ni lui ni moi ne considérions en avoir une plus grande que celle de l’autre), mais là du coup c’est moi qui ai presque l’impression d’être devenue un de ces mecs cliché qui n’ont aucune idée de combien de couches il reste x) J’exagère un peu (il en reste 6 paquets et demi, à moins qu’il n’y en ait encore à la cave 😉 ), dès qu’on est les deux là on est toujours interchangeables à peu près sur tout et j’ai demandé 15 fois à mon mari s’il avait trop de charge mentale, il m’a dit que non. Mais c’est clair qu’un tel changement de mode de vie peut rééquilibrer plein de choses !

    (Et je ne connaissais pas la charge émotionnelle, je suis allée regarder et me coucherai moins bête ce soir)

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    1. Ahah ! Ravie d’avoir pu t’éclairer sur la charge émotionnelle, concept encore bien méconnu qui, pourtant, représente le déséquilibre le plus fort, dans le mode de fonctionnement de mon couple.

      Oui, tu as raison, ça a un côté un peu désespérant de se dire qu’il aura fallu une pandémie pour que les hommes se rendent compte de ce qui se passe dans l’intimité de leur foyer. Mais malheureusement, étant donné la société patriarcale dans laquelle on évolue, il faut souvent beaucoup d’énergie pour ouvrir les yeux sur une situation qui nous paraît normale depuis toujours.

      Pour revenir sur ma situation personnelle, le déséquilibre s’est creusé au fur et à mesure que nous avons eu un puis deux puis trois enfants, et il s’est clairement amplifié au moment de mon congé parental. Comme quoi, le fait de militer pour un congé paternité plus long et obligatoire me semble vraiment une bonne source de solution !

      En tout cas je sui ravie de lire que chez vous la transition s’est faite plutôt facilement : bravo à vous deux !

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  2. Je suis contente pour vous que ce confinement ait pu rebasculer les rôles et amener une plus grande prise de conscience sur l’ampleur que consiste la gestion de la maisonnée et de toute la tribu. Le confinement a un peu amplifié les choses et je suis heureuse d’entendre qu’il a pu permettre de resserrer les liens, de rapprocher les couples, les familles… On entend plus souvent l’inverse. De notre côté, j’ai accouché au début du confinement, on s’est vraiment mis dans notre petit cocon, notre bulle tous les cinq. Mon mari est freelance et travaille déjà à la maison, ce qui était vraiment le plus compliqué à gérer, occuper les enfants pendant les visios afin qu’ils ne dérangent pas leur papa, travailler dans le bruit… Mais mon conjoint travaille aussi beaucoup le soir, la nuit, par choix, plus de concentration, de créativité… Alors, une partie de la journée on était deux pour gérer les 3 petits loups et la nuit je gère bébé, comme j’allaite et que je cododote aussi, cela ne me dérange pas. Je suis admirative de voir que tu as pu réussir à travailler, j’ai testé pendant les vacances scolaires et le deuxième confinement et quand les 2 parents télétravaillent avec les enfants c’est mission difficile. Et cela peut vite créer un stress, une angoisse. La gestion des repas est aussi la mission qui me prend le plus de charge mentale, j’ai encore du mal a préparer un menu à la semaine dans la durée, mais c’est vrai que cela fonctionne mieux ainsi, d’autant que les petits ne mangent pas à la cantine. Pour la répartition des tâches, je ne sais pas si on est à égalité, le plus important pour moi n’est pas qu’on gère autant de choses, mais plus que l’on puisse trouver un relai, un soutien lorsqu’on en ressent le besoin et aussi une reconnaissance pour ce que l’on fait.

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    1. Je vois que nos ressentis (et nos situations !) sont très similaires, notamment concernant les repas (quel challenge de ne pas faire manger les deux grands à la cantine ! Je suis admirative !).
      Et je te rejoins complètement sur ta conclusion : l’idée d’équilibre ne recoupe pas forcément une répartition complètement égale des tâches, mais plutôt la notion de relais lorsque c’est nécessaire, et aussi, comme tu le dis si bien, de reconnaissance. Clairement, pour moi, c’est un des points les plus importants (et j’ai encore du boulot sur ce sujet auprès de Mister F. !!)

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  3. Je suis heureuse de lire ça ! Et d’ailleurs, en te lisant, je me suis rendu compte que chez nous le confinement avait eu un peu le même effet. Mister M. s’est rendu compte de tout ce que je faisais au quotidien pour que la maison tourne (même s’il était déjà très impliqué auprès des filles). J’ai été en chômage partiel pendant un peu plus d’un mois au printemps et lui en télétravail et c’est vrai que ça a été une parenthèse pas désagréable du tout pour notre famille.
    Depuis, la charge domestique est répartie équitablement, voire même un peu à mon avantage (je gère les filles le matin et la Biscotte à midi vu que je suis en télétravail, lui s’occupe d’elle le soir. Il gère le lavage/séchage du linge, moi le pliage/rangement, il fait 80% des repas, je m’occupe du drive et lui des courses complémentaires, le ménage est partagé équitablement (et l’aide à domicile aide bien aussi ^^) etc.
    Pour la charge mentale, c’est encore moi qui en supporte la plus grande part, mais ça s’améliore de plus en plus, il a même pensé au rdv des 2 ans pour Bébinette chez le médecin alors que j’avais complètement oublié.
    Bon la charge émotionnelle ça c’est pour moi quasi à 100% par contre mais pour le coup j’aime bien gérer les cadeaux d’anniversaire et de Noël etc alors je ne râle pas trop (et puis, il participe pour les attentions envers ses filles et cherche toujours ce qui me fera vraiment plaisir pour tous les évènements marquants et j’ai aussi des fleurs plusieurs fois par mois, sans raison particulière ^^)
    En tout cas je te souhaite que cet équilibre retrouvé se poursuive et s’améliore encore 🙂

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    1. C’est un beau témoignage d’équilibre, ce que tu décris là ! Bravo à vous deux !
      Et en effet, ce confinement a pu nous permettre de nous poser, de redéfinir nos priorités en tant que famille, et notamment pour la gestion du quotidien, comme je le décris dans cet article.
      En tout cas, je t’envie pour la charge émotionnelle : ici je suis bien loin d’avoir droit à des fleurs ou à des attentions particulières…. Mais bon, j’y travaille ! 😉

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  4. C’est chouette que le confinement ait eu cet effet là chez vous !
    Chez nous ça n’a pas changé grand chose dans notre couple. Par contre Mr Papaye a eu du mal par moment car il est passé d’un 50 50 à peu près à un 75 25 puisqu’il était à la maison seul avec les trois entre 3 et 5 jours par semaine.

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  5. C’estune bonne nouvelle que le confinement vous ai permis de repartir sur de bonnes bases.
    Ici, ça n’a strictement rien changé, puisque le Breton n’était pas confinés, je me suis donc retrouvée à gérer la maison seule à 100%, sans respirations avec les enfants 😔. J’avoue que je me suis souvent demandé ce que ça aurait donné avec trois enfants, les garçons étant quand même « plutôt grands »

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    1. Oui, ça devait vraiment être très rude, seule avec les garçons sans pouvoir passer le relais, d’autant plus que j’imagine que les journées du Breton ne devaient pas être de tout repos non plus, dans un tout autre style.
      Est-ce que ça va mieux, maintenant ?

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  6. Il m’avait bien semblé que tu avais écourté ton congé parental mais je n’avais pas fait tilté ! J’ai fait pareil pour les mêmes raisons, quitte à être au bout de ma vie autant être payée pour une partie de ce que je fais ^^.
    Je suis ravie d’apprendre pour votre sérénité retrouvée <3. longue vie à vie dans votre nouveau nid douillet

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      1. Ce qui est triste est que ce n’est pas tellement le travail qui me manquait, mais plus un partage équitable de la charge domestique… Comme dirait Coline, le travail domestique gratuit c’est tout un débat 😉
        (et oups, je devrais vraiment relire mes commentaires)

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        1. Ah mais c’était exactement la même chose pour moi également, hein ! La charge domestique mais également parentale, qui est tellement déséquilibrée avec la naissance d’un nouveau bébé, d’autant plus quand on l’allaite et qu’il ne fait pas ses nuits.
          Et donc oui, comme par magie, quand on reprend le boulot, le reste se rééquilibre aussi (en plus des sous à la fin du mois et de la stimulation intellectuelle….!)
          Bref, on se comprend 😉

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  7. On habitait chacun chez soi mais assez proches l’un de l’autre pour s’y rendre à pieds, tout était pour le mieux, et quand le confinement a été prononcé, on a essayé de se confiner ensemble chez moi… l’horreur! Au bout de 3 jours je me sentais complètement envahie. Heureusement qu’il a pu rentrer chez lui. Du coup on s’est beaucoup manqués, à se voir furtivement en cachette, ce côté « interdit » a d’autant renforcé la relation!
    Autour de nous plusieurs couples se sont séparés du fait de se retrouver 24h/24 ensemble, je suis donc bien contente d’y avoir échappé et que cela ait même renforcé mes sentiments!
    Mais j’imagine bien que quand on habite déjà ensemble c’est beaucoup plus chaud. Chapeau en tous cas!

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    1. Oh, je ne peux qu’imaginer votre situation, mais en effet, ce que tu décris donne envie : ce petit côté interdit, le fait de se manquer et de devoir attendre pour se retrouver ! Vous avez bien fait de changer vos plans initiaux !
      Et là, j’avoue que c’est surtout la présence de nos trois enfants en bas âge qui a été très compliquée à gérer : pour le deuxième confinement, celui de novembre, les enfants étant gardés, nous nous sommes retrouvés seuls en journée et ça n’avait rien à voir !

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  8. Le confinement aura eu des avantages et des inconvénients pour chacun d’entre nous. Et je suis heureuse qu’il vous ai apporté que du bon. Pas toujours évident de trouver le bon équilibre entre maison, enfant et couple mais avec beaucoup de volonté et surtout beaucoup d’amour on y arrive et vous avez réussi. Alors bonne continuation 😉

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    1. Oh merci pour tes mots ! Oui, il faut beaucoup de volonté et d’amour, mais je pense qu’il faut également un minimum de respect et, surtout, bien que ce soit le plus difficile, de l’empathie pour l’autre, de l’écoute. Ce n’est pas toujours facile lorsque l’on a toujours fonctionné comme ça et que les naissances successives sont venues renforcer les rôles.
      Mais bon, on a retrouvé un mode de fonctionnement plus normal, et je pense que cette parenthèse intense nous aura effectivement permis de rectifier le tir !

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