Et c’est le temps qui court

Et c’est le temps qui court

…court, qui nous rend sérieux, la vie nous a rendu, trop orgueilleux. Tu l’as dans la tête ? Parfait, je te laisse me détester toute la journée.

Je ne sais pas ce qu’il se passe depuis la rentrée mais j’ai l’impression que le temps passe deux fois, cinq fois, dix fois plus vite que d’habitude. (Bon sauf quand tu es coincée dans certaines formations où là le temps semble s’écouler vingt fois plus lentement que prévu et que tourne dans ta tête tout ce que tu dois faire et tout ce temps perdu). Blague à part, je ne vois pas les semaines s’écouler depuis janvier. Je saute de joie le vendredi soir et me couche juste après en me disant « mais mince, demain c’est lundi, où sont passés ces deux jours ? »

Nous sortons juste des vacances d’hiver que celles du printemps arrivent déjà. J’ai l’impression de poser des dates lointaines pour des jalons au travail et au final elles sont atteintes dès le lendemain alors que j’étais sûre d’avoir laissé plusieurs semaines de marge au moment de les planifier. Je cherche un mail sans réponse envoyé il y a quelques jours pour faire une relance et je réalise qu’il a été envoyé il y a un mois.

Toutes ces choses en attente

Et je ne cesse de faire la liste de toutes ces tâches que je n’ai pas le temps de faire, qui n’atteignent jamais la priorité 1 parce qu’elles ne cessent d’être reléguées derrière des tâches plus urgentes :

  • Repeindre la cabane de jardin
  • Planter les légumes pour cet été
  • Rénover les volets
  • Recoudre les pantalons troués aux genoux
  • Mettre en vente les vêtements que je ne porte plus
  • Aller déposer les jouets des enfants que l’on souhaite donner
  • Faire du tri dans les dressings
  • Nettoyer ma voiture
  • Ranger les papiers dans le tiroir « en attente de traitement »
  • Aspirer les innombrables toiles d’araignées au quatre coins de ma maison (ha ça j’ai profité de ma pause déjeuner de télétravail pour le faire du coup ! ouais -1)

Et j’en passe. Cette liste bouge en permanence et parfois certaines tâches qui y trainaient depuis des mois arrivent à en sortir parce qu’elles ont atteint le moment où on ne peut plus attendre, d’autres tâches attendent depuis plus d’un an et on a arrêté d’y croire, on sait qu’elles risquent de ne plus quitter cette liste avant un moment.

Et ça, c’est pour le côté personnel, mais au travail je vis un peu la même chose. Il n’y a jamais le temps de faire les tâches de capitalisation ou de consolidation. Les réunions s’enchainent prenant le pas sur les tâches qui attendent sagement que du temps se libère. Mais le déplacement professionnel gagne toujours face à la mise à jour documentaire, soyons honnête, on ne dit pas non au client sous prétexte d’avoir des documents internes à rédiger. Et je mets un point d’honneur à garder un équilibre vie pro/vie perso, surtout avec le télétravail qui peut vite faire dériver dans l’excès, donc je m’oblige à ne pas rallumer mon PC quand je rentre le soir après avoir récupéré les enfants.

Crédits Photo : Giallo (CC)

Nostalgie coupable

Je l’avoue, depuis quelques jours je suis nostalgique de ce que nous avons vécu il y a deux ans (laisse-moi t’expliquer avant de m’insulter). Cette date anniversaire où tout s’est arrêté, où nous avons été mis en pause forcée, est arrivée et je me suis dit qu’au final, ça n’avait pas été si terrible pour moi, bien au contraire.

J’ai vécu deux menaces d’accouchements prématurés. Deux fois cinq semaines où on m’a aussi obligé à tout arrêter, de façon drastique vu que je ne devais pas bouger de mon lit et rester en position allongée. Dix semaines d’angoisse et de solitude parce que le monde autour de moi continuait à tourner pendant que mois j’étais comme gelée, à attendre. Alors oui, le premier confinement n’était pas si terrible pour moi. Honnêtement, je me sentirais même coupable de dire le contraire. Ce confinement n’a pas eu de conséquences financières pour nous, nous n’avons pas perdu nos emplois, nous avons un jardin qui nous a permis de profiter de l’extérieur comme nous le voulions, nous avons une surface habitable permettant à tout le monde d’avoir son espace. Cela serait déplacé de dire que ça a été une période compliquée à vivre, non ?

Et ça ne l’a pas été, définitivement. Il y avait quelque chose d’agréable à ne plus courir après le temps. Oui, j’ai enchainé des semaines de 52h de travail mais sans stresser sur la circulation et l’heure limite de récupération des enfants. Je n’avais plus de réveil le matin, je pouvais anticiper le plat du soir ou étendre mon linge pendant mes réunions. Je prenais ma pause déjeuner au soleil en maillot de bain. Mes week-ends étaient libres et me permettaient de faire toutes ces tâches qui sont actuellement reléguées à plus tard.

Alors non, je ne souhaite pas une nouvelle pandémie mondiale, mais je pense qu’il va falloir que je revois deux trois choses dans ma gestion du temps. A commencer par bloquer un week-end par mois rien que pour nous peut-être, sans recevoir ou être invité ailleurs. Ça sera déjà un bon début.

7 commentaires sur “Et c’est le temps qui court

  1. Personnellement je blâme beaucoup internet.
    Tout va beaucoup plus vite : les informations, les personnes et les objets circulent bien plus rapidement que par le passé !
    On y gagne mais… on y perd aussi.
    On a du mal à s’imaginer comment c’était le travail avant Internet. Sûrement beaucoup plus lent… Pour les loisirs pareil : beaucoup moins de choix de séries, de musiques, de conférences en ligne,…

    En fait on y gagne un peu mais je suis de + en + persuadée qu’on y perd davantage qu’on y gagne. Parce que ce rythme n’est pas humain. Il entraîne une frustration intense quand on décide de ne plus le suivre, car on sait que le flux est là, il amène à l’épuisement et au burn-out quand on essaie de s’y adapter.
    Et même quand on arrive à déconnecter, il est difficile de recréer un autre fonctionnement à côté car tout le monde est branché sur le système. Quand j’essaie je me sens comme Néo qui se déconnecte de la matrice !
    Je rêve de créer un écolieu en ce moment et une des choses qui me tiendrait à coeur serait pas de wifi -> une connexion fixe à un endroit précis pour limiter la dépendance…
    Certaines partagent mon analyse ici ??

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    1. Effectivement internet a surement sa part dans cette impression de flux constant. Cette liaison instantanée à tout, tout le temps n’aide pas à prendre du temps. Et effectivement si on décide de s’en éloigner on peut vite se sentir à la ramasse. Je vais bientôt avoir une déconnexion forcée on va voir ce que ça donne XD

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  2. Je suis peut être une extra terrestre mais moi j’ai plutôt l’ impression inverse.. peut être parce qu’ai deux enfants rapprochés en bas âge mais j’ai souvent l’impression que le temps passe très lentement : encore 2 heure avant l’heure du coucher, encore 2 ans (minimum..) avant d’avoir fini avec les couches, encore 4 ans avant de repartir en voyage vraiment loin en famille, encore xx ans avant que le « terrible two/fckn four » ne soit qu’un lointain souvenir.. bref tu l’auras compris la période est difficile 😅 Mais même en dehors de ça : encore 13 semaines avant les prochaines vacances, encore 3 mois avant mon changement de fonction..: tout me semble très très lent. Contrairement à toi je n’ai pas un bon souvenir du confinement car il m’en reste ce sentiment de peur, de catastrophe imminente tellement anxiogène (autant dire qu’avec la guerre en Ukraine et les élections j’ai comme un sentiment de déjà vu..). Toutefois entre temps mon chef nous a tous mis en « mi temps présentiel » définitivement, donc on peut dire qu’on a gardé le « bon côté » : est ce une option pour toi?

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    1. Ha oui mais toi t’es encore dans le tunnel de la mort XD Effectivement quand mes deux enfants étaient plus jeunes j’étais en apnée constante et ça me semblait long. Mais depuis qu’ils sont un peu plus indépendant (mon deuxième a bientôt 5 ans) ce n’est plus pareil. Et clairement depuis janvier ça me parait dingue comme le temps passe vite.

      Pour ce qui est du travail je trouve que je n’ai clairement pas assez de télétravail mais j’attends un peu pour négocier étant dans mon poste depuis moins d’un an 😉 mais oui ça aide à moins courir constamment.

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  3. Ne me jetez pas la pierre non plus mais j ai adoré le 1er confinement (pas les suivants). Nous avons mon mari et moi été mis au chômage partiel par nos employeurs et vécu hors du temps avec nos enfants pendant 2 mois.
    Je n ai toujours pas réussi à me remettre dedans complètement depuis

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    1. On prend vite gout à ne plus avoir de contrainte horaire je trouve! Je pense que si j’avais eu du chômage partiel cela aurait surement été encore plus une période hors du temps. Je n’en ai jamais eu (par chance probablement car cela veut dire que je n’ai jamais eu peur pour mon travail) mais j’imagine qu’effectivement ça a pu être agréable de profiter de ses enfants.

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