La vente express de notre première maison

La vente express de notre première maison

Il y a plusieurs mois, je te racontais comment nous avions trouvé une nouvelle maison, un peu sur un coup de tête mais beaucoup sur un coup de cœur. Mais pour que ce projet se concrétise, il nous fallait absolument vendre notre maison actuelle, notre première maison que nous avions acheté 6 ans plus tôt, en tant que jeunes mariés.

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Credit Photo (Creative Commons) : Image par Alexandr Podvalny de Pixabay

La mise en vente

Afin de nous simplifier les démarches – pour rappel, j’étais alors enceinte de 8 mois de Numerobis – nous avons fait le choix de demander à l’agent immobilier de la nouvelle maison, de se charger de la vente de notre maison. Nous lui avons accordé l’exclusivité mais avant tout, toute notre confiance et surtout nos espoirs. Nous étions donc en été 2020, tout juste sorti du confinement. Il était confiant, les maisons à la campagne se vendaient comme des petits pains : très prisées par les Lyonnais qui cherchaient à quitter la ville à tout prix après cette expérience inédite de confinement. Nous avons donc briqué la maison, et désencombré un minimum, afin de permettre d’une part la visite de l’agent pour l’estimation de la maison et les photos à prendre, et d’autre part, les visites qui allaient suivre.

La course contre le temps

Notre objectif était de recevoir une offre avant la signature du compromis de notre nouvelle maison. Cela rassurerait les vendeurs car sinon, le risque majeur était que la vente ne se fasse pas car aucune banque ne nous accorderait de prêt immobilier sans une offre sur notre maison. Nous avions d’ailleurs déjà fait des démarches et nous n’étions pas éligibles au prêt relais. L’enjeu était de taille et stressant, ce qui est idéal à quelques semaines de ton accouchement. Très vite, notre agent a eu des propositions de visites qui se sont enchaînées. J’étais épuisée de devoir, tous les jours, nettoyer, ranger, pour que la maison soit accueillante, agréable. Je le remercie d’ailleurs d’avoir toujours essayé de grouper les visites afin que l’on ne passe pas non plus notre temps à ça.

Les premières désillusions

En une semaine, nous avions eu près de neuf visites, mais aucune offre d’achat. Après chaque visite, l’agent nous faisait un débriefing des retours des visiteurs et j’étais désespérée. « Il manque un garage » (oui, c’est bien noté dans l’annonce qu’il n’y en a pas…); « la piscine est hors sol » (oui, c’est noté aussi…); « Il n’y a pas assez de vis-à-vis » (oui, je vous jure, un couple de personnes âgées s’est plaint de ne pas assez voir dans le jardin des voisins !). « C’est pas le secteur qui nous intéresse » (alors pourquoi la visiter ?) Une dame a même voulu faire la visite avec son chien pour qu’il puisse ressentir l’âme de la maison. Bref, aucune offre et aucune piste d’amélioration pour que la maison soit plus attrayante car on ne pouvait pas faire grand chose face à ces retours. Notre super agent immobilier a pourtant gardé espoir pour nous et avec notre accord, a revu sa stratégie de vente. Nous avons également baissé un peu le prix de la maison, mais en ne laissant plus aucune place à la négociation.

La bonne visite

Ainsi au bout de quinze jours, enfin, il y eut la bonne visite. Celle où les visiteurs prennent le temps de visiter, plus d’une heure. Celle où ils semblent se projeter et prennent même déjà des mesures. Celle où ils demandent à revenir le lendemain pour une contre-visite. Et quelle ne fut pas notre surprise, le lendemain, de découvrir qu’il s’agissait de la belle-fille de l’ancien coach de volley de mon mari, qui est venu faire la contre-visite avec eux. La visite a duré plus d’une heure trente, je n’en pouvais plus d’attendre sur notre terrasse, le moindre signe de notre agent. Et puis, naturellement, ils sont tous venus vers nous et nous ont fait une offre. Les hormones de fin de grossesse m’ont même donné envie de leur sauter dans les bras. Je ne le savais pas encore, mais nous étions, ce jour là, à J-7 de la naissance de Numerobis. En signant cette promesse de vente, nous mettions enfin un terme à tout ce stress et surtout à la fatigue liée aux visites. J’allais pouvoir me détendre, et nous allions pouvoir rassurer les vendeurs de notre future maison.

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Credit Photo (Creative Commons) : geralt

Et malgré tout, encore du stress

La signature du compromis a eu lieu 10 jours plus tard, soit trois jours après mon accouchement. La notaire n’avait jamais vu un bébé aussi jeune à part ses propres enfants. Numerobis a été la star durant cette signature (et les suivantes). Les semaines ont passé, de notre côté, nos cartons commençaient à bien s’empiler et nos projets de travaux dans la nouvelle maison étaient bien prévus. Seulement, nous avons très vite compris que nous ne pourrions pas faire une vente en cascade, nos acheteurs n’ayant toujours pas d’offre de crédit accordée. Cette période a été très stressante, avec la peur de nous retrouver avec la maison à remettre en vente et donc deux crédits à assumer. J’en faisais des cauchemars fréquemment. Heureusement, encore une fois, notre super agent immobilier a assuré et a pris les choses en main. Il a vendu à vitesse éclair l’appartement de l’acheteur, et leur a trouvé une banque qui les suivait. Bien entendu, cela a retardé la vente, au lieu de vendre fin décembre, nous avons vendu mi-février, mais grâce à des arrangements du côté de nos deux banques, nous n’avons pas eu de crédit en simultané.

Au revoir, jolie première maison

Et c’est donc le cœur rempli d’émotions mais aussi avec beaucoup de soulagement, que nous avons dit au revoir à notre première maison, un soir de février. Cette maison qui nous a accueilli en tant que jeunes mariés, puis qui a vu l’arrivée de nos deux premiers poussins. C’est d’ailleurs ce qui m’a causé le plus d’émotion, de dire aurevoir à leurs chambres, surtout celle de l’Elu, car nous avions passé beaucoup de temps à les décorer et que nous y avions de très jolis souvenirs, de rires, de fous rires et de nuits blanches ! L’Elu, pendant plusieurs mois, a eu du mal à comprendre que nous n’avions plus qu’une seule maison. Il parlait aussi énormément de son copain, le petit voisin du même âge que lui. Aujourd’hui, plus d’un an après la vente, il n’en a plus vraiment de souvenirs. De toute façon, il ne la reconnaîtrait même pas car nous savons que les nouveaux propriétaires ont fait énormément de travaux en réaménageant plusieurs pièces et en modifiant totalement le jardin – j’avoue avoir eu mal au cœur quand j’ai vu qu’ils avaient arraché entièrement toute la magnifique glycine du muret d’entrée de la maison – mais après tout, nous avons nous aussi modifié la maison que nous avons acheté, c’est le jeu !

Quand je repense à cette folle aventure, qui est partie d’un coup de tête et qui s’est concrétisée si vite et avec un bébé à peine né, je me dis que nous avons vraiment été un peu fous. Je ne regrette rien car nous sommes super bien dans notre nouvelle maison qui propose des prestations bien supérieures. Mais une chose est sûre, je ne suis pas prête à recommencer, cela m’a demandé trop d’énergie et causé beaucoup de stress inutile en plein post-partum ! J’ai prévenu mon mari, si un jour on déménage à nouveau, ce sera dans 60 ans pour rentrer en EHPAD !

4 commentaires sur “La vente express de notre première maison

  1. On a vendu en même temps sans le savoir, mise en vente en juin 2020, vendue en janvier 😉 ça me fait drôle de te lire car c’est la maison où on s’est marié, où on a fait beaucoup de projets etc. Mais ce qui m’a fait mal au coeur, ça a été de voir la chambre vide de notre fille. C’était vraiment bizarre, comme une impression de lui voler un bout de son histoire. Bien sûr, nous sommes bien où nous sommes mais cette première maison gardera une place à part dans nos souvenirs.

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    1. C’est exactement ce que j’ai ressenti. En plus, avec un petit de 2 ans et l’autre de 4 mois, je sais qu’ils n’auront aucun souvenir de leurs chambres (si ce n’est en photo) donc ça me faisait un pincement au coeur en plus… Mais on a bien investi les nouvelles chambres et cette fois je sais qu’on est là au moins jusqu’à ce que les enfants quittent la maison 😉

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  2. Quelle histoire ! Incroyable de se lancer dans une aventure aussi stressante si proche du terme! Félicitations en tout cas 🙂 ! Moi mes petits ont déjà déménagés deux fois (location>location>achat) donc je n’avais pas ce sentiment de leur arracher des souvenirs 😅 A l’inverse de toi je n’arrive pas à me dire que je vais rester dans ma maison actuelle (même si elle est très bien!) jusqu’à la retraite!.. Dans mes rêves on bougerait de ville (voir de pays) dans 10 ans, peut être moins peut être plus.. je n:arrive pas à n’imaginer « callée » à un endroit fixe.. pourtant je devrais être plus réaliste car avec les enfants on n’aura probablement pas ces choix/opportunités..

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    1. Pour ma part, je pense que ça vient du fait qu’enfant, on a déménagé (changement de région même) à 4 reprises et même si j’ai voulu en tirer pleins d’aspects positifs, je crois qu’au fond, ça m’a apporté beaucoup d’instabilité et notamment mon investissement par rapport aux maisons. Du coup, là je me dis que sauf obligation, cette maison sera notre maison familiale et verra grandir et évoluer notre famille jusqu’à nos vieux jours 🙂 Mais je ne dis pas non plus « jamais… »

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