Un deuxième bébé en solo #1 – Quand j’y pense

Un deuxième bébé en solo #1 – Quand j’y pense

Je me suis toujours vu mère et mère de plusieurs enfants. Deux voire même peut-être trois. Et, je dois bien avouer que dans un coin de ma tête, je me suis souvent vue aussi maman solo. Pourquoi ? Excellente question (n’hésite pas à soudoyer ma psy si tu veux toutes les réponses). 

J’ai eu assez tôt cette conviction intime que couple et parentalité n’étaient pas forcément dépendants l’un de l’autre. Derrière cette pensée, il y avait surtout l’envie très très forte de devenir maman un peu quoi qu’il arrive. Et si je devais hiérarchiser mes objectifs de vie, la maternité était clairement en haut de l’affiche. 

Ado d’ailleurs, je répétais déjà à qui voulait bien l’entendre que si j’étais toujours célibataire à 30 ans je ferai un bébé toute seule. 

Les 30 ans sont arrivés, et je n’étais pas “toujours” mais plutôt “de nouveau” célibataire. Entre temps j’avais été amoureuse pendant 10 ans, vécu en couple pendant 6 et eu un magnifique petit garçon. 

Après notre séparation, j’ai assez vite retrouvé un équilibre : nouvel appartement, nouveau rythme avec Petit Viking, beaucoup plus d’épanouissement et de temps pour moi, je m’éclatais au boulot. Bref, j’étais vraiment heureuse.

Et la question d’un deuxième bébé est donc rapidement venue sur le tapis. Nous sommes alors en 2019.

Photo : pixabay

État des lieux

À ce moment, les choses sont assez claires dans ma tête. 

Premier constat : j’ai envie d’un deuxième bébé. Pour être tout à fait honnête, j’ai cette envie depuis très exactement le moment où Petit Viking est sorti de mon ventre. C’est d’ailleurs la première chose que j’ai dit à l’Ex-amoureux lorsqu’on est remonté tous les trois dans la chambre de la maternité : “on recommence quand ?”. 

Si la question du deuxième enfant n’a pas été l’unique raison de notre séparation, elle cristallisait quand même pas mal de désaccords et traduisait surtout nos envies différentes concernant notre vie de famille. 

Deuxième constat : je sais que je n’ai pas envie de conditionner cette envie de bébé à une relation amoureuse. D’abord parce que je n’ai pas envie d’attendre (de rencontrer quelqu’un, de tomber amoureuse, de se faire suffisamment confiance pour mixer nos ADN). Et ensuite parce qu’à l’inverse, je trouve cela très limitant de devoir “réduire” mes relations amoureuses à la recherche d’un potentiel papa. Et si je rencontre un homme qui ne veut pas / plus d’enfant : est ce que je serai obligé de sacrifier la relation amoureuse à mon désir d’enfant ? Très peu pour moi.

De plus, comme je te l’avais déjà évoqué dans cet article, je suis très heureuse célibataire et je ne m’imagine pas, à cette époque, me remettre en couple. 

Alors, sans cloisonner, je distingue. J’ouvre de nouvelles portes sans en fermer d’autres. Je vis différentes relations amoureuses. Mais j’avance sur mon projet de bébé. Et je cogite beaucoup.

La machine à cogitations

Je réfléchis au budget (comment vivre à 2,5 sur un salaire de fonctionnaire ?) et à l’organisation (un bébé en solo : comment on survit ?).

Je réfléchis à des solutions pour anticiper la charge, être accompagnée, pouvoir souffler et avoir du temps pour Petit Viking. 

Je repère les crèches, les conditions d’accès. Je réfléchis à une organisation pro pour gérer les matins, les soirs. Je fais des simulations sur la CAF. 

Je réfléchis au matériel, je me mets des alertes poussettes sur le bon coin, j’essaie d’imaginer un nido dans le salon, un berceau dans leur chambre.   

Je réfléchis à tout ce que je vais refaire pareil, et à tout ce que je ferai différemment. Je me dis que, mes principes éducatifs pour Petit Viking ayant toujours été réduits au strict minimum, le deuxième va définitivement pousser comme une herbe folle. 

Je commence à cogiter sur le “comment ?” : Espagne, Belgique, donneur direct ?  

J’en parle un peu autour de moi aussi. Je glisse le projet doucement à l’oreille de mes parents pour qu’ils s’habituent progressivement à l’idée et qu’ils ne soient pas surpris quand le jour J viendra. 

Je m’interroge sur le regard des autres aussi, ceux qui pensent qu’il faut “un papa et une maman”. Je me demande si on lui collera une étiquette, à la crèche, à l’école. Je sais qu’il faudra lui donner les outils pour se protéger. Et apprendre à lui faire confiance.       

Je me demande bien sûr si je serai “assez”. Comment trouver un équilibre non seulement quand il n’y a pas de papa, mais aussi quand il n’y a pas de deuxième parent ? Personne pour temporiser, personne à qui passer le relai pour aller faire un tour dehors quand on explose ?

Je me demande comment va réagir Petit Viking face à ce bébé, qui n’aura pas de papa et sera tout le temps avec moi. 

Je me dis que mon dieu, comme j’ai hâte, comme j’ai hâte qu’iel soit là ! 

J’essaie de trouver des exemples mais je me rends compte assez vite que la littérature sur le sujet est un peu pauvre… et un peu nulle surtout. 

Sur les forums, les blogs, les articles, je découvre que, tout comme le célibat, le bébé en solo est dépeint comme un choix par défaut. Une démarche que l’on démarre tard, parce que le papa est parti, parce qu’on a toujours pas trouvé de géniteur, parce qu’on ne peut pas faire autrement. J’apprends avec horreur et indignation que certaines cliniques belges imposent un âge minimum pour entamer les démarches (avant 38 ans tu prends sur toi et tu fais comme tout le monde, tu vas sur Tinder ma bonne dame).

Comme les vieilles filles, les mères célibataires sont stigmatisées dans un espèce de fourre-tout qui mélange courage, égoïsme et inconscience. Sauf que je ne me retrouve pas dans ce constat. #sorrynotsorry. J’aspire à une maternité célibataire qui soit assumée, joyeuse et exempte de culpabilité.

Bref je me sens hyper prête.

Sauf que… je tombe enceinte d’une grossesse qui n’aboutira pas et qui va un peu changer la donne. Et je viendrai te raconter cet épisode pas très rigolo dans un autre article ! 

11 commentaires sur “Un deuxième bébé en solo #1 – Quand j’y pense

  1. C’est amusant car j’écoutais hier le podcast « Prenons un café » qui interviewait justement une maman solo !
    Et je t’avoue que pour vous 2, j’ai du mal à comprendre ce choix. Déjà probablement car je n’ai jamais eu ce désir viscéral d’enfant (même si j’en ai 2 aujourd’hui).
    Et aussi car ayant vécu dans une famille harmonieuse et en couple, ca me parait important pour un enfant d’avoir 2 parents (quels qu’ils soient). Je trouve ca important pour un enfant d’avoir plus d’un référent pour se projeter et je trouve ca aussi tellement dur d’élever 2 enfants que je pense qu’à 2 ont peut leur apporter plus de temps, d’énergie et d’amour, pour pouvoir passer le relais quand on est à bout. (Et aussi c’est pratique d’être 2 quand ils décident de chopper la gastro en même temps, pour tenir les 2 bassines.)

    Ceci étant dit, je sais bien qu’il y a plein de familles mono-parentale aujourd’hui et que même si c’est un choix souvent subi, ces familles réussissent souvent à avoir des enfants épanouis et heureux. (Il y a aussi des familles traditionnels ou un des parents est toxique.) Il n’y a donc pas que ma vision traditionnelle de la famille qui marche !
    Ce n’est donc pas un choix que j’aurais fait mais j’espère que tu pourras mener ton projet à bien et avoir une super famille épanouis, malgré cette grossesse non aboutie.

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    1. Merci beaucoup pour ton commentaire. Je te rejoins parfaitement sur les deux points ! Je considère comme essentiel qu’un enfant ait plusieurs référents mais à défaut de deuxième parent je pense que cela peut aussi être un parrain, une marraine, un oncle, un grands parent… Et la question du passage de relai est aussi très importante et j’y ai beaucoup réfléchi pour pouvoir mettre en place une organisation qui me permette de souffler avec des plans B, C et D pour être bien épaulée 🙂

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  2. C’est très interressant comme réflexion! moi ça me dépasse un peu car exactement comme Laura je n’ai pas eu de désir d’enfant vicéral – malgré mes deux enfants aussi. Toutefois je comprends très bien cette idée de ne pas devoir/vouloir chercher d’office le père de tes enfants – surtout dans une situation où on a un stress temporel – « trouver le père de mes enfants, et vite! » j’ai tendance aussi à penser que les enfants ne souffrent pas tant que ça de ne pas avoir de deuxième référent – je connais plusieurs enfant de parents solo qui n’en n’ont pas souffert du tout (alors que des enfants de couples qui se déchirent ça par contre..). Moi je pense plutot que c’est les parents solo qui ont dur de ne pas avoir de relais, mais ça aussi ça dépend ton contexte familial/amical, qui peut être riche en relais.. Nous par exemple nous n’avons aucun relais extérieur à nous deux, et ben, ça pèse aussi!.. Je suis vraiment désolée pour ta grossesse non aboutie par contre..

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  3. Merci de parler de ce sujet, c’est vrai qu’il y a encore peu de témoignages de parents solo qui l’ont vraiment choisi, et probablement beaucoup d’a priori ! J’espère que ce projet se concrétise/concrétisera pour toi en tout cas (et navrée pour la grossesse non aboutie ❤ )

    De mon côté, j'avoue que ça me terrifierait pas mal, déjà en étant 2 parents pour 1 enfant je galère terriblement et trouve que je n'ai plus de temps pour rien, alors si on me proposait de recommencer la même chose ou, pire, un deuxième mais toute seule, je crois que je signe direct pour le prochain aller simple pour mars ! Outre le fait de pouvoir passer le relai je trouve aussi qu'il y a des choses plus faciles à gérer à deux (genre comme dit plus haut les gastro c'est quand même bien pratique qu'un nettoie le mobilier pendant que l'autre douche le jeune malade potentiellement hurlant… Après évidemment la possibilité des maladies infantiles n'arrête pas l'envie d'enfants, et c'est un détail, mais parfois l'accumulation des détails pèse aussi), porter seule toute la charge émotionnelle de la parentalité ce serait vraiment trop pour moi. Je pense, surtout sachant ce que c'est, que j'aurais probablement préféré renoncer à la maternité plutôt que de m'y lancer seule – mais on est tous différents sur ça !

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    1. (J’espère que le ton de mon message n’est pas trop catastrophé, je parle vraiment uniquement pour moi – et je sors d’une semaine de combo gastro familiale-peu de sommeil, ce qui doit affecter mon jugement xD)

      Oh, et par contre il y a une chose que tu ne mentionnes pas totalement, je me rends compte que dans ta situation, j’aurais aussi peur que les deux enfants soient jaloux l’un de l’autre, le cadet parce que l’autre a deux parents et l’ainé parce que l’autre est tout le temps avec toi ? Je suis curieuse de savoir comment on peut gérer ça. Enfin c’est peut-être une réflexion d’enfant unique, on est sûrement toujours jaloux de ses frères et soeurs pour une raison ou une autre…

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      1. Haha aucun souci, je compatis tellement pour la gastro ! Pour ta dernière remarque en effet c’est une vraie question et très clairement je me/nous ferai accompagner quand le sujet viendra sur la table afin que les enfants puissent assez tôt poser des mots sur ce qu’ils ressentent !

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  4. Cette réflexion de déconnecter la vie parentale de la vie maritale ne m’est jamais venue à l’esprit. Toutefois, elle raisonne bien en moi. Mon parcours de vie fait que je n’ai jamais été confrontée à ce choix mais très sincèrement je suis plutôt à l’aise avec cette idée. Peut-être me serais-je alors rapprochée géographiquement de mes proches pour effectivement être soutenue, peut-être aussi n’aurais-je jamais été au bout de l’idée mais vraiment rien ne me dérange. Je suis navrée de lire que ça s’est mal terminé parce que, pour le coup, vivre ça toute seule, ça doit être hyper dur.

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