Ma vie de non fumeuse – arrêt du tabac 2/2

ma vie de non fumeuse

Si tu t’en souviens, le 06 août dernier était ma date fixée pour arrêter de fumer. J’étais prête, j’étais motivée, je me sentais préparée.

Une dernière fois

Les jours juste avant, cependant, je ne me sens pas bien. Des problèmes pour respirer qui ressemblent fort à de l’angoisse. Si l’idée de ne plus fumer me met dans cet état là, je ne suis plus aussi sûre de moi…. J’hésite, me pose des questions, et mes difficultés à respirer empirent. Je sais, c’est ironique de se dire que pour mieux respirer, il faudrait que je continue à fumer… Mais d’un coup, c’est la panique.

Et puis, la veille, j’ai des frissons, des sueurs froides… Et je vomis. Je suis très très mal, mais ce n’est pas la perspective de mon sevrage tabagique: c’est une intoxication alimentaire ! Je suis, en soi, rassurée, de connaître la cause précise de mon malaise. Je suis aussi dans un état minable. Je me force, à 22h, à fumer cette dernière cigarette symbolique. Elle n’est absolument pas agréable, et je ne la finis même pas. Je vais me coucher, mentalement prête à affronter la journée du lendemain.

La première semaine

Et à cause de mon intoxication alimentaire (ou grâce?), je passe ma première journée sans substitut nicotinique. Aucune idée de ce qu’un patch ferait à mon organisme déjà pas mal chamboulé, je décide de ne pas en mettre; et puis je ne ressens pas vraiment les effets du manque. Vu que de toute façon je suis malade, ils ont dû passer inaperçu.

Et cette première semaine se passe beaucoup mieux que ce à quoi je m’attendais. J’ai des envies, bien sûr, mais elles passent très vite. Je ne suis pas à bout de patience comme je m’y attendais. Au contraire, même, je suis plus calme avec mes filles. Beaucoup moins au bord de la crise de nerf que ce à quoi je m’attendais; je suis même plus patiente que d’habitude ! Et ce n’est pas parce que tout d’un coup je suis devenue un maître zen. Non, je me suis rendue compte que maintenant, quand j’étais avec mes filles, j’étais à 100% avec elles. Je ne passais pas mon temps à me demander quand est-ce que je pourrais « prendre une pause » pour sortir m’intoxiquer. Au contraire, j’utilisais même un peu mes filles et nos jeux ensemble comme une distraction. C’était au final assez libérateur, de ne plus me demander anxieusement quand sera la prochaine occasion de m’en griller une !

Après, je ne vais pas te mentir, les premières semaines n’ont pas non plus été qu’air frais et santé retrouvée. Certaines cigarettes étaient particulièrement difficiles à effacer de mes habitudes. Celle que je fumais après avoir couché les enfants. Celle dont je profitais avec mon amoureux après nos… repas ensemble. Celle après les repas de manière générale. Celles-là étaient des gestes routiniers extrêmement ancrés, qu’il m’a fallu un bon mois pour oublier. Mais j’arrivais généralement à me retenir.

Ce qui a été le plus dur, au tout début, ça a été la perte d’énergie. Je ne le savais pas, mais c’est un effet secondaire fréquent de l’arrêt du tabagisme: une grosse fatigue constante. Au début, l’idée m’a même effleurée que j’étais enceinte, tellement cette fatigue ressemblait à un premier trimestre de grossesse. Difficile d’avoir de l’énergie pour toutes mes actions du quotidien, de rester éveillée sans caféine, bref, cet effet secondaire surprise était étrange et désagréable. Et il a duré jusqu’à un mois après l’arrêt ! Puis cette fatigue est repartie aussi vite qu’elle était arrivée.

Les substituts

Au fur et à mesure, j’ai trouvé des petits trucs qui m’aidaient aussi à résister aux envies les plus fortes. Encore une fois je te dis ce qui a marché pour moi mais chaque fumeur a ses propres palliatifs ! Souvent, me redire ou relire la liste de mes motivations (que j’avais toujours sur moi) suffisait. En supplément, je jetais un coup d’œil aussi à tout l’argent cumulé que je n’avais pas dépensé dans les cigarettes grâce à une petite application de suivi.

J’ai aussi remplacé certaines cigarettes par des habitudes plus saines. Après les repas, par exemple, au lieu de sortir m’empoisonner, je fais 10 minutes de yoga (j’ai la chance d’avoir un espace au travail où c’est possible, avec des tapis et tout). De manière générale, activer mon corps est super efficace pour faire passer l’envie. Je vais à la gym, je fais du yoga, des pompes, je cours sur place pendant 30 secondes: hop, je me sens énergisée et j’ai oublié la cigarette à laquelle je pensais.

Bon, se mettre au sol et faire 10 pompes n’est pas possible tout le temps. Notamment dans la situation où c’est le plus difficile de ne pas reprendre: les soirées. Alcool et cigarettes ont longtemps, voir toujours, été main dans la main pour moi. Terrasses d’été, fêtes, jeux de société, repas entre amis: toutes ces occasions étaient aussi synonymes de tabac. Alors forcément, les premières soirées ont été très difficiles. Des amis (ou de la famille) qui fument devant moi, un moment de détente… impossible de faire du yoga ou du sprint en talons en face de mes potes !

La parade que j’ai trouvé est au final, assez simple (mais me vaut quand même des réflexions moqueuses parfois!): je tricote ! Tricoter me détend et surtout m’occupe les mains. C’est facile à faire, à garder sur soi, et je ne récolte que quelques regards de travers. En plus je positive en ayant l’impression d’avancer sur un projet. Du coup maintenant, je sors mon tricot dans les bars, les restos, les canapés d’amis qui fument pour m’occuper l’esprit et les mains.

Photo par Foundry Co de Pixabay

Les rechutes

Arrêter, je te le disais dans mon article précédent, n’est pas une action unique, c’est quelque chose que l’on répète constamment dans le temps. Alors, je vais te l’avouer: j’ai eu des rechutes. Deux. Toujours dans la même situation: une situation stressante, suivie d’une perspective de détente. Un jour impossible au boulot suivi d’un after work. Un trajet en avion avec une fillette de 3 ans pour aller à un anniversaire familial. La bonne nouvelle, c’est que ces deux cigarettes n’étaient absolument pas satisfaisantes. Un peu dégoûtantes, même. Le sentiment de culpabilité, la honte, l’odeur: beurk. L’autre bonne nouvelle, c’est que même avant d’allumer ces clopes, je me suis jamais dit que j’allais me remettre à fumer. C’était plus comme gratter un bouton: juste un petit peu pour me rendre compte que ça fait mal, sinon je ne fais que penser à la zone qui démange. Là, après une bouffée, je n’avais plus envie de fumer. Je les ai d’ailleurs écrasées toutes les deux bien bien avant la fin.

Bilan maintenant

À l’heure où j’écris, cela fait 4 mois que j’ai arrêté de fumer, et 59 jours que j’ai fumé ma dernière cigarette. Et je suis fière de dire que j’ai arrêté. Je n’ai plus eu aucune envie depuis plus d’un mois maintenant. Je n’y pense plus (sauf quand j’écris un article dessus !). Ma vie de fumeuse me paraît lointaine, et surtout, derrière moi. Impossible de prédire ce qui va se passer, parce que je suis persuadée que l’envie sera toujours là, dans des situations particulières, à me bondir dessus sans prévenir. Mais je me considère maintenant comme une non fumeuse – une ancienne fumeuse qui continuera d’arrêter toute sa vie !

Si toi aussi tu veux arrêter de fumer, n’hésite pas à te rapprocher de ton médecin et aller regarder sur Tabac Info Service pour beaucoup de ressources qui t’aideront dans ta démarche !

4 commentaires sur “Ma vie de non fumeuse – arrêt du tabac 2/2

  1. Super!
    Pour voir fumé 10 ans et arrêter il y a près de 10 ans aussi, passer les premiers mois je n ai plus jamais eu d envie ou me suis sentie en sevrage en permanence dans mon existence. J espère que ce sera votre cas aussi.

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  2. Bravo pour cette si difficile étape, t’as bien géré ! Bon, j’ai ri pour « avec mon mari après nos … Repas » 🤣 et comme je tricote et crochète dans le métro etc, ta solution ne m’a pas surprise (je suis archi non fumeuse mais cette idée me plaît). Par contre, comme tu tricote auprès de fumeurs, ton ouvrage ne prend pas l’odeur ?

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