4 mois avec un petit Lutin dans les bras

4 mois avec un petit Lutin dans les bras

Mon petit Lutin (qui n’est d’ailleurs plus si petit, la génétique a ses raisons que la raison ignore et on a fait un petit géant !) a – au moment où je t’écris – un peu plus de 4 mois.

4 mois qui sont passés très vite. Trop vite, presque. Après un premier post-partum marqué par l’angoisse et le besoin d’accomplir des choses, et un deuxième sous le signe de la frénésie d’activités, cette fois j’ai décidé de ne rien contrôler.

Et ça a été très doux. J’ai fait un paquet de siestes sous le bébé. J’ai repris mes habitudes d’il y a cinq ans, tout anticiper, faire les choses quand je le peux et non quand c’est le moment (donc oui, j’ai parfois commencé le repas du soir à 9h du mat).

J’ai passé le 1er mois à essentiellement ne rien faire, depuis mon canapé. Et puis peu à peu, les choses se sont mises en place.

Dès ses 3 semaines on a trouvé une routine confortable et fluide. Ce Lutin dormait bien la nuit, voire très bien puisqu’à 5 semaines il dormait 6 à 7h d’affilée. A 2.5 mois il dormait 12h. Tu noteras l’utilisation du passé, sur la question du sommeil notre motto est « trust the process et serre les fesses ».

Je craignais beaucoup la solitude, ça avait été dur à vivre avec Nino. Mais cette fois, j’ai une grande fille à l’école, et je vis ici depuis 4 ans, en conséquence de quoi : je commence à connaître du monde. Je discute un peu avec quelques parents d’élèves. C’est toujours un peu étrange pour moi quand les gens ne connaissent pas notre histoire: « ah, le petit frère est né ! Le 2eme, c’est toujours plus facile vous verrez ! », à quoi je ne sais pas toujours comment répondre, la Poupette était encore à la crèche quand Nino est décédé. Et puis je fais mes courses dans les petits commerces, eux savent, et prennent toujours le temps d’un petit mot.

Et puis ma sage-femme organise des permanences. Une fois par semaine, son cabinet est ouvert à toutes les mamans en post-partum. J’y suis beaucoup allée, pas tant pour peser ce Lutin qui n’en a absolument pas besoin (8.2kg à 4 mois … je fais de la crème fraiche, je ne vois que ça) mais pour discuter. Parfois, il y’a des bébés tous neufs. Parfois des plus grands. Des mamans d’un premier enfant un peu perdues. Des mamans en reprise pour qui la transition vers le mode de garde, c’est dur. Des mamans de bébés RGO qui n’arrivent pas à les soulager. Des mamans en pleine dépression du post partum aussi. Des mamans de plein d’enfants à la fois super organisées, très dans le lâcher prise et les deux pieds sur terre. Des mamans comme moi, qui ont juste besoin de discuter. Parfois tous les bébés têtent en même temps. Parfois ils jouent ensemble. C’est toujours très calme, jamais de concert de pleurs (ce qui est un petit miracle considérant le public). C’est un peu une bulle dans mes journées. Pendant 2h, on arrive à se parler entre adultes. On parle du quotidien. Des compagnons qui assurent (ou pas) (ou PAS punaise). Des bébés. Des fratries. De travail. De petits trucs et astuces. On boit un café chaud (!!).

Un truc qui m’a surprise, c’est que j’ai récupéré très vite. Mon corps, je veux dire. Mon périnée a l’air comme neuf (c’était pas le cas après Nino). Alors ce troisième accouchement a été plus serein et on a vraiment pris le temps de laisser le Lutin faire son chemin, et puis je dormais la nuit, ce qui aide forcément. Mais je ne m’attendais pas à être solide dans mon corps aussi vite, surtout après un troisième enfant. Et chez moi, le corps et la tête sont très liés.

Du coup j’ai repris le chemin des terrains assez tôt. Et à l’heure où je t’écris, j’ai déjà joué deux matchs de rugby. Je n’aurais jamais cru ça possible. Et ça m’a fait un bien fou de retrouver mes copines et mon équipe. Je ne dirais rien sur les lendemains par contre, avec l’intégralité du corps courbatu et un petit bonhomme de 8kg à porter à bout de bras 🫠.

Je me rends compte que cet article est un peu décousu, j’ai sorti les mots comme ils sont dans mon cerveau du post-partum = un peu en bordel. Je n’ai pas trop parlé de l’allaitement qui, pour la première fois, m’a fait un peu mal. Ni des premières « nuits » avec un bébé qui refusait son lit. Ni de la relation avec la Poupette qui se construit si vite et qui est si belle. Ni de Chat, qui surveille 100% des tétées quand elle est là. Ni de la fatigue qui s’accumule, parce que si les 3 premiers mois on a plutôt bien dormi, clairement là c’est plus du tout le cas.

Chat, surveillant Le Lutin (photo personnelle)

Mais je pense que l’important est là. C’est le bordel dans ma tête parce que je suis dans l’instant présent. Je profite des moments. Et je sais que tout passe, que demain est un autre jour. Y’a eu bien sur des moments usants. Y’a des soirs, j’étais contente que la journée soit finie.

Et puis il a fallu reprendre le travail. D’un coup, il a fallu que je fasse de la place à Mme Sans Chaussettes dans ce quotidien de Maman de Poupette et Lutin. Si pour la Poupette et pour Nino j’en éprouvais un besoin viscéral (et vital), cette fois ça n’a pas été le cas. J’étais bien, en temps que seulement-maman. Alors on a fait cette place, petit à petit, volontairement. Je suis sortie seule avec la Poupette 2h, laissant Papa, Lutin et un biberon de lait tiré. Puis un peu plus. Puis une demi-journée entière (le fameux match !). Et à chaque fois, ça s’est super bien passé.

Et mon congé maternité s’est terminé. C’était bien, j’ai bien aimé. Et je crois que j’arrive à faire cette transition en douceur, je me retrouve petit à petit. Plus qu’à dormir la nuit, maintenant.

Premier café du retour au travail … (avec emotional support brownies). Photo personnelle.

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