Ce n’est pas la vie dont j’avais rêvée

Ce n’est pas la vie dont j’avais rêvée

J’ai toujours eu conscience que ma vie rêvée de petite fille ne serait pas forcément celle qui se réaliserait. Par contre, je n’avais pas imaginée qu’elle serait si diamétralement opposée et que cela me rendrait très triste.

Ma vie rêvée

Petite fille élevée dans une certaine petite bourgeoisie, mes rêves étaient tout ce qu’il y a de plus classique : un mari que j’aimerais fort d’amour (alors même que mes parents étaient divorcés), des enfants avec des âges rapprochés, au moins pour les deux premiers (pas trop exigeante, je voulais au moins deux enfants, dans l’idéal au moins trois mais si c’était deux, cela serait déjà très bien), une jolie petite maison avec un petit jardin et une balançoire, un chouette boulot. Des balades le week-end, des traditions comme l’apéritif du vendredi soir, le film Disney du dimanche après-midi suivi par des jeux de société en famille, des fêtes de Noël heureuses et ensemble.

Tout ça c’était mon plus grand rêve, celui qui m’a fait tenir quand je ne supportais plus la garde alternée imposée par mes parents.

Famille jetée
Crédit photo : Pixabay

Et puis il y a eu la réalité…

Ma dure réalité

Ma réalité avait pourtant bien commencée, un mariage avec un homme que j’aimais d’un amour inconditionnel. Nous étions H24 ensemble, extrêmement fusionnels. Comme disait ma mère « ça dégoulinait d’amour ». Un bébé que j’attendais plus que tout et qui est arrivé rapidement après notre mariage. Le projet d’un prochain bébé environ un an, un an et demi après la naissance de notre aînée.

Et puis… Il n’y a jamais eu de deuxième bébé.

La violence s’est insinuée doucement mais surement dans notre mariage. Elle était là depuis le début mais je ne la voyais pas. Ou bien je la voyais, mais lui trouvais des excuses, m’en accommodais à côté du bonheur que nous vivions.

Une violence qui n’a fait que croître jusqu’à m’empêcher de dormir tant que lui ne dormait pas. Je faisais tout pour partir de la maison avec mon bébé mais même quand je partais, il m’appelait pour me contrôler. Je ne pouvais pas partir plus de quelques heures (et même aller prendre un goûter avec un membre de ma famille, c’était trop, près de 40 appels et 200 messages cette fois là…).

J’ai dû partir. Je ne me sentais même plus capable de protéger ma fille.

Nous avons déménagé dans un tout petit appartement que j’ai tenté de rendre aussi cosy que possible. Nous avons crée de nouveaux souvenirs avec mon bébé.

Mais voilà, aujourd’hui quand nous faisons une sortie et que je vois toutes ces familles (au moins en apparence) unies, cela me fait mal. J’ai mal pour ma fille qui ne connaitra jamais ça. J’ai mal que mon mariage se soit aussi mal terminé alors qu’il me semblait si prometteur. J’ai mal de ne pas avoir d’amoureux avec qui construire une nouvelle famille, plus heureuse encore, plus épanouie. J’ai mal de ne pas avoir ce deuxième bébé dont j’ai tant rêvé. J’ai mal d’être désespérément seule un week-end sur deux et la moitié des vacances. J’ai mal d’avoir peur de me tromper encore si je devais rencontrer un homme. J’ai mal de ne pas avoir un assez grand appartement pour construire tout ce que je voudrais pour ma fille, pour avoir un espace couture ou de créativité, pour avoir de l’espace pour des jeux de motricité.

Je me console en me disant que je suis jeune, que ce n’est pas terminé, qu’il faut le temps… Mais un divorce, ne pas pouvoir voir ma fille tout le temps alors même qu’elle est toute petite, non vraiment, ce n’est pas la vie dont j’avais rêvée !

13 commentaires sur “Ce n’est pas la vie dont j’avais rêvée

  1. Je pense bien à toi, cet article a certainement été difficile à écrire. Je suis tellement désolée pour toi que cette situation te fasse souffrir. Ton rêve de petite fille te semble loin, et pourtant tu le connaîtras peut-être, avec un nouvel amoureux, dans quelques temps. En attendant, tu as pu te sauver toi-même en divorçant de cet homme et de cette situation malsaine qui te privait de liberté. Tu as eu beaucoup de courage ! Je ne sais pas ce que c’est que de partager la garde de son enfant, et cela doit certainement être douloureux. Mais tu as retrouvé une nouvelle liberté dans ce petit appartement. Et ça, c’est déjà tellement grand ! Je te souhaite beaucoup de bonheur à venir.

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    1. Merci pour ton commentaire. A vrai dire, j’ai eu plus de mal à le relire qu’à l’écrire. Il est sorti tout seul à l’écrit, presque « à chaud ». En le relisant, c’est plus compliqué parce que … c’est vrai tout simplement.
      Merci pour ton voeux !

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  2. Je ne me souvenais pas que tu avais vécu une garde alternée… et surtout si mal vécu ! Plein de câlins, je suis sûre que tu finiras par trouver un homme qui vous acceptera ta fille et toi et qui saura t’apporter une belle famille !

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  3. Bonjour,
    Très touchant témoignage. Tu as fait le bon choix en stoppant cette relation toxique, avec cet homme tu n’aurais jamais eu ta vie rêvée. Tu ne l’aurais peut-être jamais telle que tu l’as rêvé, mais peut-être être sera-t-elle encore plus belle, je te le souhaite. En quittant cet homme, tu t’es donné toutes les chances pour avoir une vie heureuse.
    Bon courage

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    1. Je doute qu’une vie sera plus belle sachant que je ne pourrai jamais avoir ma fille tout le temps avec moi. Néanmoins, tu as raison, le quitter, c’est se donner la chance d’avoir une vie heureuse, de créer un foyer serein et sain pour ma fille.
      Merci pour ton commentaire !

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  4. Je comprends pleinement ce que tu ressens. Je l’ai vécu (la partie violence) et le vis (la partie divorce avec un enfant) moi-même. Je voulais aussi 2 enfants, j’en ai fait le deuil (ou en tout cas j’ai fait le deuil de 2 enfants d’âge peu éloigné). Je vis aussi les séparations plus longues pendant les vacances.
    Je ne sais pas depuis combien de temps vous êtes séparés, mais tu as pris la bonne décision. Tu pourras montrer à ta fille une relation saine (pour son futur) et lui donner des forces pour les moments où elle est avec son père. Les séparations deviennent plus simples quand les enfants grandissent, même s’il reste toujours un pincement au coeur. Je suis certaine que ta fille est heureuse avec toi, quelle que soit la taille de votre chez vous ou les vacances que vous aurez.
    Et il y a des personnes qui ne s’arrêtent pas au fait d’avoir déjà des enfants, des personnes qui vont aimer leurs beaux-enfants. Promis.
    Il y a plein de deuils à faire quand on divorce.

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  5. Je comprends partiellement ce que tu ressens. Je n’ai pas non plus la vie dont je rêvais, que j’imaginais. Mais je m’estime chanceuse de n’avoir pas vécu de grande épreuve.
    Je me pensais mariée jeune maman avant 25 ans (de 2 petites filles), ne travaillant qu’à mi temps (voir pas du tout) pour profiter de ma maternité super épanouissante et écrivaine (publiée) sur mon libre.
    Au final, je bosse dans un bureau, n’ai jamais rien écrit, me suis mariée tard, ai eu 2 enfants (des garçons avec pas mal d’écart d’âge) après mes 33 ans et j’ai découvert que la maternité c’était pas franchement mon truc (même si j’adore mes enfants !).

    Alors, perso, j’adorerai avoir un week end sur 2 sans enfants ! (Bon par contre je garderai bien mon mari avec moi ces week end là.)
    Je suppose que la différence serait que ca ne me serait pas imposé mais je l’aurai choisi et j’aurai choisi quelle personne de confiance garderai mes enfants.

    En tous cas je te trouve super courageuse d’avoir quitté ton conjoint violent ! Tu as sauvé ta fille et toi. De nombreuses femmes n’en ont malheureusement jamais la force !
    Et c’est fou que le papa violent ait un droit de garde!

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    1. En effet, grosse différence entre choisir à quel moment ne pas avoir ses enfants et pour quelles « raisons » en opposition à ne pas voir son enfant automatiquement à certaines périodes. Les fêtes de fin d’année seront toujours tristes du coup par exemple.

      La violence est parfois compliquée à prouver … Autant je comprends qu’on ne puisse pas « condamner » sans preuve, autant j’ai beaucoup de mal quand c’est la vérité mais que les preuves ne sont pas suffisantes. Bref ….

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  6. Tu fais preuve chaque jour d’une force et d’un courage que ta fille va emmagasiner pour grandir. Elle a la chance d’avoir une maman qui l’aime et qui a tout fait pour la préserver d’un environnement violent. Tu as fait ce qu’il fallait de mieux pour ta fille.
    C’est pas la vie dont tu avais rêvé, peut-être, mais ta vie est loin d’être terminée, il y a une vie dont tu n’avais pas rêvé qui t’attend, encore plus belle que ce que tu imaginais.

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